L’administration Trump, lundi, n’a pas fermé la porte à l’initiative visant à faire du Canada le 51e État américain et a plutôt lancé un appel au premier ministre canadien Mark Carney pour revenir à la table des négociations, après l’effondrement des pourparlers commerciaux la semaine précédente.
« On leur avait proposé une offre plutôt avantageuse la semaine dernière. Ils ont choisi de la rejeter », a-t-il ajouté.
Bessent a déclaré que Carney « est arrivé au pouvoir sur une plateforme anti-américaine et anti-Trump » et s’est demandé si le premier ministre agissait dans l’intérêt de lui-même, du Parti libéral ou des électeurs canadiens.
Les propos du secrétaire au Trésor interviennent alors que l’administration Trump a imposé des droits de douane de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de biens canadiens. Lundi, Trump a menacé d’imposer un autre droit de douane de 50 % sur les voitures et les pièces automobiles canadiennes.
« Sur le commerce, et d’autres aspects, elles figurent parmi les pires nations du monde avec lesquelles il est difficile de traiter. Elles se sentent tout à fait en droit d’exiger, et pourtant, NOUS N’AVONS PAS BESOIN DU CANADA, ELLES ONT BESOIN DE NOUS ! Elles réalisent 95 % de leurs affaires avec les États‑Unis, avec nous, exactement le contraire », a écrit Trump sur Truth Social.
Trump Has Repeatedly Said He’s Serious About Canada’s Statehood
Les commentaires de Trump sur le fait que le Canada devienne le 51e État ont commencé comme une provocation de campagne, mais se sont poursuivis bien après son retour à la Maison-Blanche.
Il soutient que le Canada bénéficie déjà de nombreux avantages liés au fait d’être partie des États‑Unis, notamment en matière de commerce et de sécurité nationale, sans partager les mêmes obligations. Trump s’est également plaint du déficit commercial des États‑Unis avec le Canada, des dépenses de défense canadiennes et de ce qu’il considère comme un déséquilibre dans la relation économique entre les deux pays.
En février 2025, Trump avait déclaré qu’il aimerait que le Canada devienne le 51e État, soutenant que les Canadiens bénéficieraient de taxes plus basses et d’une meilleure protection militaire des États‑Unis. Il a également lié cette proposition à la suppression des tarifs et d’autres obstacles commerciaux entre les deux pays.
Lorsqu’on lui a ensuite demandé si l’idée de l’État n’était qu’une blague, Trump a répondu que non.
« Je le crois encore », a déclaré Trump, tout en reconnaissant que « il faut deux pour danser le tango ».
En janvier 2026, Trump a de nouveau qualifié Carney de « Gouverneur » tout en menaçant de tarifs de 100 % sur les relations économiques du Canada avec la Chine. Ce terme avait déjà été employé à l’encontre de l’ancien premier ministre Justin Trudeau lors de la campagne de Trump en faveur de l’État canadien.
Cette rhétorique sur l’État s’est déployée au sein de l’un des différends économiques les plus graves entre les États‑Unis et le Canada depuis des décennies.
Carney Rejects Statehood Premise
Carney a à plusieurs reprises rejeté la suggestion de Trump selon laquelle le Canada pourrait devenir une partie des États‑Unis et a mis l’accent sur la souveraineté canadienne. Le premier ministre a également présenté les tarifs et les menaces de Trump comme preuve que le Canada doit devenir moins dépendant économiquement de son voisin du sud.
Lors d’une rencontre au Bureau ovale le 6 mai, les deux dirigeants se sont affrontés, Carney disant à Trump : « Comme vous le savez en immobilier, il y a des endroits qui ne sont pas à vendre. »
Il a ensuite ajouté, de façon plus explicite, que « Ayant rencontré les propriétaires du Canada au cours de la campagne au cours des derniers mois, ce n’est pas à vendre. Ça ne sera jamais à vendre. »
À quoi Trump a répliqué: « Jamais dire jamais ».
Trump a soutenu que l’intégration plus poussée avec les États‑Unis pourrait bénéficier aux Canadiens, et a dit que le Canada bénéficie énormément de l’accès au marché américain et de la protection militaire américaine, tandis que Washington en porte le coût.
Le Canada rejette cette caractérisation et a repoussé l’idée que sa souveraineté puisse être utilisée comme levier dans les négociations commerciales. Carney a répété à plusieurs reprises que le Canada resterait indépendant et a cherché à diversifier les relations économiques du pays plutôt que de devenir plus dépendant économiquement des États‑Unis.
Cela a mis les deux dirigeants sur une trajectoire de collision.
Trump vs. Doug Ford Feud Timeline Amid US-Canada Trade Dispute
Vance Has Also Criticized Carney
Vance a clairement fait comprendre que la frustration de l’administration envers Carney allait au-delà de Trump.
Lors d’un fundraiser républicain ce mois-ci, Vance a décrit Carney comme un « très gentil bonhomme » avec qui il s’entend, mais s’est moqué du premier ministre pour avoir tenté de « faire plus fort » que Trump lors des négociations commerciales.
Dans un extrait audio obtenu par The Canadian Press, Vance a dit que Carney « entre et bombe le torse » comme s’il pouvait égaler le style de négociation de Trump.
Vance a soutenu que la pression de l’administration produisait déjà des changements au Canada et a déclaré que Trump n’irait pas « se plier pour rendre le Canada heureux ».
Trump Says ‘We Don’t Need Canada’ as He Escalates Trade War
Trump a nettement intensifié lundi la guerre commerciale, menaçant d’augmenter les droits de douane américains sur les voitures, camions et pièces automobiles canadiennes à 50 % à partir du 1er janvier 2027, contre 25 % actuellement pour les autos canadiennes. Il a aussi déclaré que les droits de douane sur l’acier canadien passeraient à 50 %, bien que les importations d’acier fassent déjà l’objet d’un droit de 50 % en vertu des mesures américaines en vigueur.
Il a exhorté les fabricants canadiens à déplacer leur production de l’autre côté de la frontière pour éviter les tarifs. Il a ajouté que les entreprises qui « construisent aux États‑Unis » ne seraient soumises « à AUCUN TARIF ».
Cette menace visant l’automobile est particulièrement lourde de conséquences, car les industries automobile américaine et canadienne sont profondément intégrées, avec des pièces et des véhicules qui traversent la frontière à plusieurs reprises durant la fabrication. Carney a averti que les tarifs proposés pourraient démanteler l’industrie automobile canadienne, tandis que des responsables canadiens ont menacé de riposter.
La nouvelle menace est tombée à peine deux jours après l’entrée en vigueur d’un autre tour de droits de douane américains de 50 % sur environ 20 milliards de dollars de biens canadiens, couvrant des produits allant du vin, du miel et du ciment jusqu’aux vêtements, meubles et équipements de hockey. Contrairement à certaines des tarifas antérieures de l’administration, ces nouveaux prélèvements s’appliquent même aux biens qui bénéficient d’un traitement préférentiel dans le cadre de l’Accord É.-U.-M.-C. (AEUMC).
Le Canada a déclaré qu’il répondrait dollar pour dollar, avec la prochaine ronde de tarifs de représailles prévue pour commencer le 8 septembre. Ces mesures font suite à l’effondrement des discussions commerciales entre les États‑Unis et le Canada à la fin de la semaine dernière, laissant les deux pays encore plus plongés dans une guerre commerciale alors que Washington exige qu’Ottawa retourne à la table des négociations.
Au cours du week-end, Carney a déclaré que le Canada était « en guerre » avec les États‑Unis sur le commerce.
