Trump retire la Syrie du statut d’État sponsor du terrorisme, carte des pays encore sur la liste

Le département d’État a retiré la Syrie de la liste des États sponsorisant le terrorisme des États‑Unis, à l’issue d’un examen du Congrès mené après le renversement du gouvernement en place.

Cette décision constitue le dernier signe de réchauffement des liens entre Washington et Damas depuis la prise de pouvoir par le président Ahmed al‑Sharaa en décembre 2024 — un ancien chef d’un mouvement islamiste autrefois inscrit sur les listes américaines comme terroriste jusqu’à ce que cette désignation soit levée le 7 novembre 2025 — peu avant sa première visite à la Maison‑Blanche, la publication officielle au Federal Register survenant le mois suivant, le 1er décembre.

« Ces actions ont été prises en reconnaissance des mesures positives adoptées et des engagements accrus du gouvernement syrien sous la présidence d’Ahmed al‑Sharaa pour s’éloigner complètement des actes de terrorisme international », a déclaré le secrétaire d’État Marco Rubio dans une déclaration, attribuant à l’administration de Sharaa le mérite d’avoir « franchi des pas importants pour lutter contre le terrorisme ».

La sortie de la Syrie entraînerait la levée d’un certain nombre de sanctions contre le dernier pays encore présent sur la liste depuis sa création en 1979, lorsque la Libye, l’Irak et le Yémen du Sud figuraient également sur cette liste.

La Libye avait été retirée en 2006, l’Irak pour la première fois en 1982 puis définitivement en 2004, et le Yémen du Sud à la suite de l’unification en 1990. Le Soudan, ajouté en 1993, a été retiré en 2020 après sa décision d’établir des relations avec Israël dans le cadre des Accords d’Abraham.

Aujourd’hui, trois nations restent désignées par les États‑Unis comme État sponsor du terrorisme.

Iran

Les États‑Unis avaient désigné l’Iran comme État sponsor du terrorisme en 1984, cinq années après la révolution islamique de 1979 qui a renversé une monarchie pro‑occidentale et déclenché une crise d’otages de 444 jours à l’ambassade américaine de Téhéran.

Avec la levée de la Syrie, qui fut autrefois l’allié le plus proche de l’Iran au Moyen‑Orient durant plus d’un demi‑siècle de pouvoir de la dynastie des Assad, l’Iran détient désormais le titre du plus ancien État sponsorisant le terrorisme encore inscrit sur la liste.

Les États‑Unis ont justifié cette mesure au fil des administrations en mettant en avant le soutien de l’Iran à un ensemble d’organisations terroristes désignées par Washington, parmi lesquelles le Hezbollah libanais, le Kataeb Hezbollah irakien, le Mouvement Nujaba, le Kataeb Sayyid al‑Shuhada, Harakat Ansar Allah al‑Awfiya et les Kataeb Imam Ali, ainsi que Ansar Allah, connu aussi sous le nom de Houthis, au Yémen.

Bien que les relations se soient brièvement radoucies lors des pourparlers qui ont abouti au plan d’action global commun de 2015 sur le nucléaire, Trump a rompu l’accord lors de son premier mandat en 2018, provoquant de nouvelles tensions. Il a intensifié les menaces contre l’Iran tout au long de son second mandat, accusant la République islamique de poursuivre discrètement des armes nucléaires et imputant à Téhéran la responsabilité des décès de soldats américains en Irak par la diffusion de technologies d’armes explosives improvisées.

Après avoir pris la décision sans précédent de frapper des installations nucléaires iraniennes lors de la guerre de douze jours déclenchée par Israël en juin de l’année précédente, Trump et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont lancé ensemble une confrontation contre l’Iran en février. Le conflit demeure irrésolu six mois plus tard, chaque camp réclamant tour à tour l’avantage.

Cuba

Cuba fut inscrite pour la première fois sur la liste dès 1982, accusée d’apporter son appui à des mouvements de gauche en Amérique latine et au‑delà, y compris les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et le groupe basque ETA.

Les sanctions remontent même à l’époque post‑révolution de 1959 qui a porté le Parti communiste cubain au pouvoir et a rapproché l’île de 150 kilomètres à peine des côtes de la Floride, sous la férule de l’Union soviétique. L’embargo commercial américain, qui subsiste à ce jour, constitue la plus longue campagne de restrictions économiques de l’histoire moderne.

Washington et La Havane ont aussi traversé une période de réchauffement sous Barack Obama, qui a établi des liens diplomatiques entre les deux pays, assoupli certaines mesures de sanctions et retiré Cuba de la liste des États sponsorisant le terrorisme en 2015. Trump a renversé la plupart de ces politiques lorsqu’il a pris ses fonctions en janvier 2017 et a finalement réinscrit Cuba sur la liste à la fin de son premier mandat en janvier 2021.

Alors que le président Joe Biden avait ensuite proposé de retirer à nouveau Cuba de la liste dans les derniers jours de son mandat en 2025, la proposition n’a pas été adoptée après le retour de Trump au pouvoir et le durcissement de la campagne de sanctions contre l’île.

Depuis l’intervention visant à neutraliser le principal allié régional de La Havane — Nicolás Maduro, alors président du Venezuela — début janvier de cette année, Trump a imposé un embargo pétrolier effectif sur Cuba et a averti, dans le cadre des tensions liées à l’Iran, que Cuba pourrait être « la prochaine » cible si les pourparlers échouaient.

Les responsables cubains, pour leur part, continuent de démentir tout soutien actif aux organisations terroristes désignées par les États‑Unis.

North Korea

L’entrée de la Corée du Nord sur la liste remonte à 1988, un an après que Pyongyang eut été impliqué dans l’attentat contre le vol Korean Air 858 près des côtes birmanes. Des responsables américains ont aussi allégué un soutien étatique nord‑coréen à des groupes de gauche étrangers tels que l’Armée rouge japonaise, connue pour sa collaboration avec des groupes militants palestiniens comme le Front populaire de libération de la Palestine, ainsi qu’un rôle direct dans l’enlèvement de ressortissants japonais entre 1977 et 1983.

Deux décennies après cette désignation, les États‑Unis levèrent le label sur la Corée du Nord en 2008 alors que des discussions visaient à démanteler le centre de recherche nucléaire Yongbyon, qui était au cœur du programme ayant produit le premier test nucléaire du pays en 2006.

Des négociations entre les deux Corées, la Chine, la Russie, le Japon et les États‑Unis finiraient cependant par se briser, et Pyongyang poursuivit avec cinq essais nucléaires supplémentaires au fil des années, le plus récent lors du premier mandat de Trump en 2017. Cette même année, Trump réinscrivit la Corée du Nord en tant qu’État sponsor du terrorisme à la suite de l’assassinat du demi‑frère du dirigeant suprême nord‑coréen Kim Jong‑un, Kim Jong Nam, dans ce qui fut attribué à une implication soutenue par Pyongyang en Malaisie.

Bien que Trump ait ensuite engagé une trajectoire diplomatique historique avec Kim Jong‑un, devenant le premier président américain en exercice à rencontrer un dirigeant nord‑coréen en 2018, le processus a commencé à se défaire l’année suivante. Les tensions sur la péninsule se sont réchauffées et peu de progrès ont émergé en matière de diplomatie renouvelée.

Pourtant, même si les États‑Unis restent engagés dans leur confrontation avec l’Iran, des signes d’ouverture potentielle ont émergé de la Maison Blanche. Trump a à plusieurs reprises vanté sa « bonne relation » avec Kim et, la semaine dernière, a allégué que le dirigeant suprême avait répondu à ses tentatives de rétablir le contact.

Qu’elle ait ou non donné lieu à une quelconque correspondance de Pyongyang, Kim a souligné lors d’un discours clé en septembre dernier qu’il avait « une bonne mémoire » de son expérience avec Trump et qu’il serait disposé à de nouvelles discussions si les États‑Unis abandonnaient « leur poursuite absurde du dénucléarisation d’autrui » et recherchaient « une coexistence véritablement pacifique avec nous ».

Quel que soit le cas, il reste à voir si la décision de ce mois visant à réduire les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud — au motif qu’ils « envoient un signal totalement inapproprié et hostile » envers la Corée du Nord, selon les mots de Trump — pourrait devenir un catalyseur pour relancer un dialogue diplomatique, ou non.

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