Trump veut vraiment parler à Kim Jong-un, mais ne répond pas aux appels

Le président américain Donald Trump n’a pas caché son désir de rencontrer Kim Jong Un, le puissant dirigeant de la Corée du Nord. En réalité, selon ses propos, une telle entrevue pourrait se matérialiser dans les mois qui viennent.

Mais le dictateur nord-coréen semble ne pas partager cette illusion. Plutôt que d’accepter les gestes de diplomatie directe entre chefs d’État, Pyongyang paraît déterminé à ne dialoguer ni avec les États-Unis ni avec la Corée du Sud, qui tente depuis plusieurs mois d’établir une communication avec son voisin du nord, belliqueux à l’égard des autres.

Même la diplomatie personnelle de Trump ne semble pas accroître la volonté de Kim d’envisager une rencontre.

Trump a déclaré aux journalistes mercredi qu’il avait discuté avec Kim, affirmation aussitôt balayée par Kim Yo Jong, la sœur du dirigeant suprême et une responsable nord-coréenne de premier plan.

Elle a indiqué que son frère entretenait une « excellente relation » avec le président américain, sans toutefois confirmer qu’un contact direct entre les deux dirigeants ait eu lieu, selon les dépêches des médias nord-coréens.

« La politique hostile des États‑Unis demeure inchangée », a-t-elle ajouté.

Les échanges nord-coréens restent indifférents à l’annulation brusque par Trump des exercices militaires prévus avec la Corée du Sud, annoncée dimanche, peu avant le début des manœuvres. Pyongyang avait dénoncé ces exercices en les qualifiant de répétition de guerre.

Ces exercices annuels conjoints, surnommés Ulchi Freedom Shield, doivent désormais se terminer vendredi, soit près d’une semaine plus tôt que prévu.

« Si les autorités américaines tentent de présenter les mesures prises cette fois comme un quelconque geste de bonne volonté, elles n’obtiendront pas la réponse souhaitée », a déclaré Kim Yo Jong.

Le gouvernement sud-coréen s’efforce de réduire les tensions avec la Corée du Nord depuis l’entrée en fonction du nouveau dirigeant Lee Jae-myung en juin dernier, notamment en interrompant les diffusions de propagande diffusées depuis des haut-parleurs à la frontière.

Lee s’est rapidement engagé à mettre fin au « cycle vicieux de tensions militaires inutiles », mais Pyongyang a officiellement abandonné en mai l’objectif de réunification avec Séoul, plus d’un an et demi après avoir désigné la Corée du Sud comme son « ennemi principal ».

Les pays de la péninsule coréenne restent techniquement en guerre et ce depuis l’armistice qui a mis fin à la guerre de Corée en 1953.

Selon un haut responsable sud-coréen cité par l’agence Yonhap, les pourparlers directs entre les États‑Unis et la Corée du Nord constituent la voie la plus « pragmatique » pour freiner le programme nucléaire nord-coréen.

« Les échanges intercoréens sont au point mort », a-t-il confié aux journalistes.

Marquée par une déception passée, la Corée du Nord hésite à s’engager avec Trump

« Je pense qu’il me manque », avait déclaré Trump à propos de Kim en juillet 2024. Il avait aussi qualifié le dirigeant nord-coréen d’« homme intelligent » et de « pas un zélote religieux ».

Mais la seconde administration de Trump, une fois installée au pouvoir au début de l’année dernière, a rapidement irrité la Corée du Nord.

Le secrétaire d’État Marco Rubio a qualifié la Corée du Nord d « État voyou », et Pyongyang a répliqué en dénonçant ces propos comme « grossiers et insensés » qui « ternissent sans réfléchir l’image d’un État souverain ».

Pyongyang a aussi critiqué les plans de l’administration Trump visant à construire son « Bouclier doré » — une défense antimissile de nouvelle génération — conçue pour protéger les États-Unis contre tout type d’attaque de missiles, y compris ceux issus d’armements nord-coréens.

Les experts estiment que Kim se souvient encore de la façon dont Trump avait quitté un sommet à Hanoi, capitale du Vietnam, en 2019, sans accord sur les sanctions américaines et l’arsenal nucléaire de Pyongyang.

« Parfois, il faut partir », avait alors déclaré Trump.

La Corée du Nord affirme vouloir être reconnue comme une puissance nucléaire et n’acceptera jamais de se dénucléariser. Son programme nucléaire s’est développé au fil des années suivant le premier mandat de Trump, aidé selon les experts par une assistance venue de Russie.

Le ministre sud-coréen de la Défense, Ahn Gyu-back, a déclaré jeudi que Séoul estimait que la Corée du Nord possédait jusqu’à 120 ogives nucléaires. Ce chiffre est bien plus élevé que le compte rendu de Trump la veille, qui parlait de 57.

Des experts nucléaires du Stockholm International Peace Research Institute indiquaient, au début de 2026, que Pyongyang détiendrait environ 60 ogives nucléaires.

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