La gestion par le président Donald Trump de l’immigration est descendue à son point le plus faible dans le suivi Economist/YouGov, une réversion frappante sur le sujet qui avait propulsé son retour à la Maison-Blanche.
L’approbation de Trump sur l’immigration est tombée à 40 pour cent en août, tandis que 53 pour cent désapprouvaient, le laissant 13 points sous l’ensemble des adultes américains.
Le dernier résultat égalise le précédent niveau historiquement bas d’approbation nette (ceux qui approuvent moins ceux qui désapprouvent) enregistré en mai, mais son chiffre brut de 40 pour cent d’approbation constitue une valeur record dans la série.
L’immigration est restée en général son domaine politique le plus fort, ce qui fait de cette baisse un avertissement pour les Républicains à l’approche des élections de mi‑mandat.
Des candidats qui défendent les politiques frontalières et de déportation de l’administration pourraient faire face à des électeurs qui soutiennent le renforcement des contrôles mais s’opposent à certaines méthodes de Trump.
Points clés
- La cote nette de Trump sur l’immigration a chuté de 24 points depuis février 2025, passant de plus 11 à moins 13 dans la série Economist/YouGov.
- D’autres enquêtes identifient toujours l’immigration ou la sécurité frontalière comme le meilleur sujet de Trump, bien qu’ils montrent aussi un affaiblissement du soutien.
- AP-NORC a rapporté en août que 39 pour cent des adultes approuvaient sa gestion de l’immigration, en baisse par rapport à 49 pour cent au début de son deuxième mandat.
Pourquoi cela compte
La montée politique de Trump s’est en partie bâtie sur la frustration face à l’immigration illégale et la perception que Washington avait perdu le contrôle de la frontière sud.
Les derniers chiffres suggèrent que les électeurs peuvent faire la distinction entre souhaiter un renforcement des contrôles et approuver la façon dont cette enforcement est menée.
L’évaluation de l’immigration par Trump s’est inversée
Le plus récent sondage Economist/YouGov mesurant cette question révèle 40 pour cent d’approbation de la gestion de l’immigration par Trump et 53 pour cent de désapprobation.
Réalisée du 7 au 10 août 2026, l’enquête portait sur 1 589 adultes américains et présentait une marge d’erreur de plus ou moins 3,2 points de pourcentage après pondération.
YouGov a indiqué que les répondants provenaient de son panel en opt-in et que l’échantillon avait été pondéré selon des critères démographiques, géographiques, partisans et liés au vote.
Cette cote nette de moins 13 représente un changement important par rapport au 2 au 4 février 2025, lorsque 51 pour cent approuvaient et 40 pour cent désapprouvaient.
La détérioration n’a pas été linéaire. L’approbation nette était à moins un en avril 2025, a atteint l’égalité en mai, puis est restée négative jusqu’à la fin de la série.
Elle est passée à moins huit au tournant de février 2026 avant d’atteindre moins 13 à la fois en mai et en août.
Bien que l’approbation nette de Trump sur l’immigration dans l’enquête d’août ait égalé son niveau historiquement bas de moins 13, son taux d’approbation de 40 pour cent est le plus bas enregistré dans le suivi.
L’immigration demeure une force relative
Une faible approbation ne signifie pas nécessairement que l’immigration n’est plus le sujet le plus fort de Trump. Cela signifie que les électeurs peuvent le noter mal tout en jugeant son action moins sévèrement que sur l’économie, la politique étrangère ou d’autres sujets.
AP-NORC a qualifié l’immigration du sujet le plus fort de Trump en mai, lorsque 45 pour cent approuvaient sa gestion.
Son sondage de décembre 2025 a montré que la sécurité à la frontière était son sujet le mieux noté, avec 50 pour cent d’approbation, même si son score global sur l’immigration diminuait.
La distinction entre sécurité à la frontière et politique d’immigration est importante.
Un électeur peut soutenir un contrôle plus strict à la frontière tout en s’opposant à des tactiques de déportation, à des restrictions sur l’immigration légale ou au déploiement d’agents fédéraux dans les villes.
L’application des mesures a changé l’équation politique
Trump a mené un vaste programme d’application tout en relançant la construction le long de la frontière américano-mexicaine.
Selon la Customs and Border Protection, au 5 août, 53,2 miles du nouveau mur primaire « Smart Wall » et 42 miles de mur secondaire avaient été achevés depuis le 20 janvier 2025, des centaines de miles supplémentaires ayant été attribués ou étant en cours de construction.
Pourtant l’ampleur du défi demeure considérable. Le Migration Policy Institute estimait qu’il y avait 15,8 millions d’immigrants sans statut légal vivant aux États‑Unis à la mi-2024, et que jusqu’à 40 pour cent d’entre eux détenaient une forme de protection temporaire ou un statut en instance.
Cette estimation décrit la population avant que les effets de la campagne actuelle d’application des lois de Trump ne puissent être pleinement mesurés.
Ces faits aident à expliquer la tension politique. Les partisans peuvent faire valoir qu’une administration agit avec vigueur sur une promesse phare, tandis que les critiques peuvent soutenir que ses méthodes vont au‑delà de ce que veulent de nombreux électeurs.
Les électeurs semblent vouloir une voie médiane
Les sondages indiquent que l’insatisfaction porte en partie sur la mise en œuvre plutôt que sur un rejet total de l’application des mesures.
AP-NORC a constaté en août que 55 pour cent estimaient que Trump était allé trop loin en envoyant des agents fédéraux d’immigration dans les villes américaines. 29 pour cent approuvaient la manière dont l’ICE faisait appliquer les lois sur l’immigration, tandis que 49 pour cent désapprouvaient.
Le sondage AP-NORC a été mené du 23 au 27 juillet 2026 auprès de 1 165 adultes américains utilisant le panel AmeriSpeak basé sur les probabilités de NORC. Les entretiens se sont déroulés en ligne et par téléphone, et la marge d’erreur globale était de plus ou moins 3,7 points.
Plus tôt, le NPR/PBS News/Marist indiquait que 65 pour cent estimaient que les actions de l’ICE étaient allées trop loin, dont 27 pour cent des républicains.
Le sondage NPR/PBS News/Marist a été mené du 27 au 30 janvier 2026, auprès de 1 462 adultes américains contactés par téléphone, par message texte ou en ligne. La marge d’erreur était de plus ou moins 2,9 points.
Dans l’ensemble, les résultats pointent vers un mandat public plus restreint que celui que chaque parti présente souvent: maîtriser l’immigration illégale, préserver des voies légales et faire appliquer la loi sans les tactiques que les électeurs jugent excessives.
Pour Trump, le risque politique n’est pas que l’immigration devienne soudainement sans intérêt. C’est que l’un de ses points forts emblématiques ne procure plus la protection qu’elle offrait autrefois.
Ce que la Maison-Blanche a déclaré
L’administration Trump a répliqué aux sondages défavorables en mettant en avant le bilan économique et politique plus large de Trump.
« Le Président a déjà enregistré des progrès historiques non seulement en Amérique mais dans le monde, et ce n’est que le début alors que son programme continue de porter ses effets. »
