Le président Donald Trump a lancé une attaque personnelle contre Maggie Haberman, journaliste du New York Times, vendredi, après que le quotidien a rapporté qu’il prévoyait de marquer le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre au Pentagone plutôt qu’à Ground Zero, à New York.
Trump a qualifié Haberman de « fausse journaliste » et l’a accusée d’inventer l’histoire, tout en s’en prenant à son apparence, la décrivant comme « peu attirante » et l’attaquant comme une « arnaqueuse » et une « harceleuse ».
Trump a déclaré que le reportage était une « information corrompue » et a réfuté l’idée selon laquelle il évitait New York parce que les responsables ne lui permettraient pas de prononcer un discours sur le site du World Trade Center. Il a dit qu’il s’agissait d’une « cérémonie sombre » axée sur le souvenir des victimes et de leurs familles. Le reportage de Haberman et de trois autres journalistes, publié par le Times jeudi, indiquait que Trump devrait assister à la cérémonie au Pentagone, où il pourrait prendre la parole. Le président a déjà participé par le passé à des commémorations du 11 septembre à New York, y compris des événements à Ground Zero.
À savoir
Trump devrait marquer le 25e anniversaire des attentats du 11 septembre au Pentagone plutôt qu’à Ground Zero à New York, selon le rapport du Times. Trump avait initialement prévu d’assister à la cérémonie annuelle au National September 11 Memorial & Museum dans le Lower Manhattan mais a changé de cap, les politiciens n’étant plus autorisés à prononcer des discours depuis 2012, selon le même document.
Dans son message sur Truth Social, le président a partiellement déclaré : « Je n’ai même jamais pensé à ce que Maggot [sic] a inventé, et d’ailleurs, j’aimerais bien ne pas parler, car je parle tout le temps, et c’est une journée pour se souvenir des victimes et de leurs beaux proches. »
Trump est plutôt attendu pour participer à la commémoration au Pentagone, où il pourrait prendre la parole, rapporte le Times. Le vice‑président JD Vance devrait être à New York. Le Times précise aussi que les projets de voyage imminents de Trump — notamment un voyage prévu en Irlande le lendemain — ont joué un rôle dans cette décision, le départ de la région de Washington étant logistiquement plus simple que celui depuis New York.
Selon le média, d’anciens présidents Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama devraient être présents à New York, tout comme l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et l’ancienne première dame Laura Bush, d’après le rapport.
Trump a également menacé d’intenter une nouvelle action en justice dans sa dernière tirade contre Haberman, ajoutant notamment : « Maggot [sic] Hagerman est un FAUX, et le New York Times le sait ! Cela sera révélé dans le procès intenté contre eux, et dans un autre procès contre l’organisation qui décerne aujourd’hui le Prix Pulitzer, car Maggie a obtenu l’un pour ses « reportages » sur LE RUSSIA, RUSSIA, RUSSIA HOAX, qui s’est avéré être une arnaque totale ! »
Trump a mené des batailles juridiques notables avec les médias, déposant une succession de poursuites en diffamation contre des organes majeurs dont le Times, The Wall Street Journal et la BBC, tout en ayant conclu auparavant des règlements de multimillion de dollars avec ABC News et Paramount/CBS.
Les attaques de Trump contre des journalistes femmes
L’attaque de Trump contre Haberman s’inscrit également dans son schéma de longue date consistant à viser des journalistes féminines en les jugeant sur leur apparence ou leur comportement lorsque leurs questions le déstabilisent. En février, Trump a critiqué Kaitlan Collins de CNN alors qu’elle l’interrogeait sur les dossiers Epstein, la qualifiant de « la pire journaliste » et lui disant qu’il ne pensait pas avoir « jamais vu son sourire ». Des mois plus tard, lors du dîner de l’Association des journalistes couvrant la Maison-Blanche, Trump s’est à nouveau concentré sur l’apparence de Collins, la qualifiant de « jeune femme attirante » avant de lui dire à plusieurs reprises de sourire.
Le motif remonte à le premier mandat de Trump. En 2017, il avait attaqué Mika Brzezinski, présentatrice de MSNBC, en la qualifiant de « Mika à QI bas, folle Mika » et en affirmant qu’elle avait « saigné abondamment » après une intervention de lifting lorsqu’elle avait visité Mar-a-Lago. Trump a aussi, fameusement, commenté Megyn Kelly après un débat présidentiel républicain, disant qu’elle avait « du sang qui coulait des yeux » et « du sang qui coulait de n’importe où », des remarques qui ont suscité une vaste controverse.
Plus récemment, Trump a à plusieurs reprises employé des insultes personnelles envers des journalistes féminines face à des questions difficiles. En novembre, il a dit à Catherine Lucey de Bloomberg, « Tais-toi, petite cochonne », alors qu’elle cherchait à l’interroger sur les dossiers Epstein. Trump a également critiqué la correspondante Mary Bruce d’ABC News durant la même période, la qualifiant de « journaliste terrib le » et s’en prenant à la manière dont elle posait ses questions. Les dernières remarques sur Haberman prolongent ce même schéma, détournant l’attention du fond d’un rapport vers la journaliste elle-même.
