Des responsables américains ont écarté les inquiétudes concernant leurs stocks de missiles clés, y compris les interceptors indispensables qui seraient utilisés pour protéger les bases militaires américaines disséminées à travers le Moyen-Orient.
« Les États‑Unis disposent de quantités considérables de munitions, surtout de certains types », a écrit le président Donald Trump sur Truth Social jeudi matin.
Le président a indiqué que sa déclaration répondait à des récits « traîtres » apparus ces derniers jours, après que plusieurs médias ont rapporté que les États-Unis avaient épuisé leur arsenal d’armes importantes, y compris des missiles de défense aérienne avancés et coûteux capables d’intercepter les attaques de missiles balistiques iraniens.
Téhéran et des groupes parrains par l’Iran ont mené des attaques contre au moins huit pays du Moyen-Orient dans les semaines qui ont suivi l’échec d’un accord de cessez-le-feu entre les États‑Unis et l’Iran à la mi-juin.
L’Iran a ciblé plusieurs bases militaires américaines avec des missiles balistiques, notamment des installations au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie.
Entre le 18 juin — jour suivant l’accord entre les États‑Unis et l’Iran visant à mettre un terme aux frappes — et le 28 juillet, l’Iran ou des groupes affiliés iraniens ont mené au moins 57 attaques contre le Koweït, 38 contre Bahreïn et 27 contre la Jordanie, selon les données d’ACLED (Armed Conflict Location and Event Data), une organisation à but non lucratif qui suit les conflits violents dans le monde. Ces données décrivent parfois une attaque lorsque l’Iran a tiré simultanément plusieurs drones ou missiles comme une seule frappe.
En juillet, trois membres du service américain ont été tués lors d’une salve de missiles et de drones iraniens sur la base aérienne Muwaffaq Salti, en Jordanie. Un missile balistique a réussi à passer les défenses aériennes, a indiqué un haut responsable américain au New York Times.
Deux systèmes fabriqués aux États‑Unis, le Patriot et le THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), seraient capables d’intercepter les missiles balistiques iraniens.
Les missiles balistiques posent souvent des difficultés pour les systèmes de défense aérienne, car ils voyagent bien plus vite que les missiles de croisière ou les drones. Leur trajectoire est moins prévisible et ils volent bien plus haut. Ils s’enfoncent aussi presque verticalement vers leur cible, ce qui laisse moins de temps pour réagir à la défense anti-aérienne.
Avant le début du conflit, les États-Unis disposaient d’environ 452 interceptors THAAD; au moment où la guerre a éclaté le 28 février, les États‑Unis avaient lancé des frappes contre l’Iran avec Israël. D’ici fin juillet, il n’en restait plus que 234, selon le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) le mois dernier.
Avant le début du conflit, les États-Unis comptaient environ 2 330 interceptors pour leurs systèmes Patriot, selon les estimations du CSIS. Le 27 juillet, ce chiffre était tombé à 759.
Les systèmes THAAD et Patriot, ainsi que les missiles qu’ils lancent, sont particulièrement demandés et leur approvisionnement se fait rare dans le monde, l’Ukraine déplorant que des interceptors Patriot aient été détournés des systèmes déployés autour de ses villes vers le Moyen-Orient depuis le début de la guerre avec l’Iran.
Lors d’une vaste frappe de missiles balistiques russes sur la capitale ukrainienne, Kiev, dans les premières heures de mercredi, aucun missile balistique n’a été intercepté. L’Ukraine a imputé les pertes et les destructions à une pénurie d’intercepteurs.
Sans missiles-intercepteurs, les États‑Unis ne seraient pas en mesure de protéger non plus leurs bases du Moyen-Orient. On pense que les missiles balistiques iraniens pourraient atteindre des cibles aussi éloignées que la Grèce, membre de l’OTAN, ainsi que certaines zones de l’Ukraine et de la Russie — mettant toutes les installations américaines dans la région en danger.
Où se trouvent les bases américaines au Moyen-Orient ?
Les États‑Unis déploient des dizaines de milliers de soldats au Moyen-Orient, y compris sur des bases de tailles variées dans des pays alignés sur les États‑Unis.
Certaines bases sont permanentes ou importantes, d’autres sont plus petites ou exploitées conjointement. Les experts estiment généralement que les États‑Unis possèdent 19 bases à travers le Moyen‑Orient, dont huit sont considérées comme des installations permanentes.
Bahreïn abrite le quartier général de la 5e Flotte américaine, qui supervise les opérations navales à travers le Moyen-Orient, l’Asie centrale et l’Asie du Sud.
L’île accueille également la plus grande unité outre-mer de la Garde côtière des États‑Unis et le quartier général de la 5e Brigade expéditionnaire des Marines à Manama.
De plus, le port Khalifa bin Salman à Bahreïn accueille des porte-avions américains essentiels à la coordination des opérations aériennes régionales.
Koweït dispose d’une grande base de l’armée américaine à Camp Arifjan, ainsi que de la base aérienne Ali Al Salem près de la frontière avec l’Irak. Les États‑Unis peuvent accéder à une autre base aérienne grâce à des accords avec le gouvernement koweïtien et disposent d’une base d’entraînement à Camp Buehring.
Les États‑Unis disposent de défenses aériennes à Camp Patriot au Koweït et coordonnent la logistique depuis le port de Shuaiba.
Six soldats de la Réserve de l’armée américaine ont été tués lors d’une attaque iranienne visant le port de Shuaiba le 1er mars. Plus de 30 autres ont été blessés.
Environ 13 000 soldats américains y sont normalement stationnés.
Qatar, qui s’est présenté comme médiateur entre les États‑Unis et l’Iran, a été visé par des attaques iraniennes sept fois entre la mi‑juin et la fin juillet.
Cet État du Golfe est une cible militaire attrayante pour l’Iran puisqu’il abrite Al Udeid, la plus grande base du Moyen‑Orient pour les États‑Unis.
Des images satellites des premiers jours de la guerre montraient des dommages à Umm Dahal, où le Qatar avait basé un système radar américain d’alerte précoce.
En Jordanie, la base aérienne Muwaffaq Salti — aussi connue sous le nom d’Al‑Azraq — se situe à environ 100 kilomètres (62 miles) de la capitale Amman et a été répétitivement visée par l’Iran, y compris ces dernières semaines.
L’Iran a revendiqué la responsabilité de plusieurs attaques contre l’Irak, y compris sur un centre de commandement des forces spéciales dans le Kurdistan irakien.
Des responsables de la région kurde semi-autonome de l’Irak, où les autorités bénéficient du soutien d’une coalition dirigée par les États‑Unis, ont appelé l’Iran à cesser d’attaquer les sites en Irak, y compris autour d’Erbil, la capitale régionale.
Un soldat américain, identifié comme le sergent Michael Emmanuel Swinton, a été tué « lors d’une détonation contrôlée » d’un drone abattu près d’Erbil.
Les Émirats arabes unis partagent la base aérienne d’Al Dhafra, au sud d’Abu Dhabi, avec les États‑Unis, et la marine américaine utilise fréquemment le port de Jebel Ali à Dubaï.
La base aérienne Prince Sultan, un important hub au sud de la capitale saoudienne, Riyad, a également été visée à plusieurs reprises par des attaques iraniennes.
Le sergent Benjamin N. Pennington, le septième membre des forces américaines tué dans ce conflit, est décédé des suites de ses blessures après avoir été blessé lors d’une attaque iranienne contre Prince Sultan.
