5 armes majeures en rupture de stock selon les États-Unis et les implications des pénuries

Plus de cinq mois après le début de la guerre des États‑Unis contre l’Iran, le président Donald Trump et son administration affirment que l’arsenal américain demeure plein — malgré les craintes exprimées par des responsables et des analystes selon lesquelles des stocks en baisse de certaines armes parmi les plus efficaces du pays pourraient empêcher les troupes américaines de faire face à la Russie et à la Chine dans un conflit éventuel.

Les États‑Unis disposent de « quantités massives » de munitions, « notamment de certains types », a déclaré Trump dans un message publié sur les réseaux sociaux au cours de la nuit jusqu’à jeudi.

Le président a dit que sa déclaration répondait à des comptes « traîtres » apparus ces derniers jours, après que plusieurs organes de presse ont rapporté que les États‑Unis avaient épuisé leurs stocks de certaines armes, à la fois pour frapper des cibles iraniennes et pour défendre des alliés et des bases américains au Moyen‑Orient. Trump aurait annulé une campagne de frappes planifiée sur l’Iran durant deux semaines à la fin juillet, en partie à cause des inquiétudes liées aux stocks.

Selon The Washington Post, Trump aurait récemment demandé au secrétaire à la Défense Pete Hegseth pourquoi il avait reçu des informations apparemment fausses concernant les pénuries de munitions, susceptibles de limiter ses options pour frapper l’Iran, lors d’une rencontre à Camp David, dans le Maryland.

Trump a dit à Hegseth qu’il pensait que le problème des stocks « avait été résolu », selon le Post, citant des sources anonymes. La porte-parole de la Maison‑Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que la discussion « n’avait jamais eu lieu » et que Trump croyait que Hegseth effectuait un « travail formidable ».

Alors que les semaines se succèdent sans accord pour mettre fin au conflit de plus en plus impopulaire entre les États‑Unis et l’Iran, la Maison‑Blanche n’a pas réussi à dégager l’emprise de l’Iran sur le détroit d’Hormuz, passage maritime vital pour le commerce international, et a multiplié les menaces d’attaques dévastatrices contre Téhéran avant de revenir sur ces engagements menaçants.

L’Iran a nié que des pourparlers aient eu lieu cette semaine, et des questions demeurent quant à la durée pendant laquelle les États‑Unis pourraient continuer à bombarder l’Iran avant d’épuiser leurs armes les plus efficaces, malgré la pression des entreprises de défense américaines pour accélérer la production.

Au‑delà du Moyen‑Orient, la guerre a laissé l’Ukraine — qui dépend fortement des missiles de défense aérienne fournis par les États‑Unis — confrontée à des salves de missiles russes sans disposer d’un nombre suffisant de missiles intercepteurs, et a amené les observateurs à avertir que les États‑Unis ne pourraient pas affronter correctement la Chine dans une guerre si Pékin venait à attaquer Taïwan dans un avenir proche.

Les États‑Unis se trouvent désormais avec des approvisionnements « insuffisants » de missiles de défense aérienne pour un conflit avec l’armée chinoise, selon un rapport publié mardi par la Heritage Foundation, un think tank conservateur. Selon la fondation, les États‑Unis manqueraient de missiles de défense aérienne dès « les premiers jours » d’un conflit si la Chine ciblait des bases américaines.

Quelles armes sont en rupture de stock ?

Les stocks exacts sont classifiés, ce qui rend difficile de savoir exactement combien de missiles restent prêts à être déployés par les troupes américaines, et où ils se trouvent stockés ou déployés.

Mais cinq types de missiles offensifs et défensifs ont été identifiés comme étant en rupture de stock en raison des frappes américaines sur l’Iran et du ciblage persistant de l’Iran sur les bases et les alliés américains à travers le Moyen‑Orient.

Systèmes tactiques d’artillerie de l’armée (ATACMS) et missiles de frappe de précision (PrSM)

L’armée américaine a épuisé « pratiquement tout » de ses Systèmes d’armes balistiques tactiques (ATACMS) et des missiles de frappe de précision (PrSM), rapporte Reuters mardi. Les deux types sont des missiles balistiques guidés lancés depuis le sol, permettant aux forces américaines d’atteindre des cibles en Iran à partir de centaines de kilomètres tout en maintenant leurs soldats à distance des zones de frappe.

Ils réduisent également la nécessité pour les aéronefs — susceptibles d’être vulnérables aux défenses aériennes — d’effectuer des frappes aériennes.

Les PrSM, qui ont été utilisées pour la première fois au combat lors de la guerre Iran‑Iraq, sont en cours d’adoption comme successeurs des ATACMS et présentent une portée officiellement annoncée de plus de 499 kilomètres. Différentes variantes des PrSM sont en cours de développement, avec une version capable d’atteindre des cibles à plus de 1 000 kilomètres dans le pipeline.

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Missiles Tomahawk

Les États‑Unis ont aussi épuisé un peu moins de la moitié de leur stock de missiles Tomahawk depuis février, selon une source anonyme citée par Reuters. Les États‑Unis ont tiré plus de 1 000 Tomahawks entre le début de la guerre et fin avril, selon The Wall Street Journal. Plus de 850 d’entre eux ont été tirés au cours du premier mois.

Les Tomahawk sont des missiles de croisière à capacités d’attaque au sol, généralement lancés depuis des navires, tels que les destroyers déployés au Moyen‑Orient.Les Tomahawk existent depuis les années 1980 et constituent un élément central des opérations de la Marine américaine.

Systèmes Patriot et THAAD (Terminal High Altitude Area Defense)

La guerre a aussi exercé une pression sur les missiles de défense aérienne. Plutôt que viser une cible ennemie, ces systèmes servent à intercepter les menaces entrantes, telles que missiles, drones ou avions.

Les systèmes Patriot constituent l’un des systèmes de défense aérienne les plus sollicités au monde, et on les crédite pour avoir intercepté des attaques apparemment inarrêtables de missiles hypersoniques russes en Ukraine. Avec le système THAAD (Terminal High Altitude Area Defense), ils forment la défense principale contre les missiles balistiques iraniens dans la région.

Mais les missiles, qui étaient déjà difficiles à obtenir avant la guerre, restent très recherchés dans le monde entier, comme en Ukraine. Kyiv a affirmé que les pénuries d’intercepteurs Patriot avaient empêché que les missiles balistiques et hypersoniques russes tirés sur la capitale ukrainienne dans la soirée du mardi ne soient arrêtés. Les rafales ont fait au moins 17 morts dans et autour de Kiev.

Les États‑Unis disposaient d’environ 452 intercepteurs THAAD avant la guerre, mais il n’en restait que 234 à la fin juillet, selon le Center for Strategic and International Studies (CSIS) publié le mois dernier.

Avant le début du conflit, les États‑Unis disposaient d’environ 2 330 intercepteurs pour leurs systèmes Patriot, selon les estimations du CSIS. Le 27 juillet, ce chiffre est tombé aussi bas que 759.

Les États‑Unis ont désormais épuisé près de 80 pour cent de leur stock pré‑guerre de missiles THAAD et environ la moitié de leurs intercepteurs Patriot, rapporte CNN mercredi en citant deux sources anonymes. Deux sources ont dit à Reuters que des données internes montraient qu’environ 65 pour cent des intercepteurs Patriot et deux cinquièmes des missiles THAAD avaient été consommés.

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