La dernière mesure du Trésor visant à serrer l’étau autour du régime de Téhéran transite par une institution financière située dans un État membre de l’OTAN et met en lumière le volet « Chine » dans l’effort de Washington pour couper les flux financiers issus du pétrole iranien.
Le Trésor américain a sanctionné vendredi une banque basée en Turquie pour des flux financiers présumés liés à l’Iran, touchant un pays allié tout en épargnant l’objectif plus difficile — la demande chinoise pour le pétrole iranien — dans l’action menée ce jour-là.
Le Trésor a indiqué avoir placé Golden Global Yatirim Bankasi Anonim Sirketi et deux filiales sous sanctions, les accusant d’avoir transféré des dizaines de millions de dollars pour l’IRGC-QF et de donner à l’Iran accès au système bancaire international.
Le département a également déclaré que Golden Global avait été créé pour transférer les recettes pétrolières iraniennes depuis la Chine vers la Turquie, où des cambistes pouvaient les convertir en liquidités et en or.
Les intermédiaires trinquent
Bessent a présenté cette mesure comme faisant partie de l’Opération Economic Outcast, une campagne du 24 août qui, selon lui, viserait à « bloquer toutes les sources potentielles de revenus » pour l’Iran.
Vendredi, il a déclaré que les institutions financières « apprendraient à la dure » que Washington ne plaisante pas.
La cible était une banque basée en Turquie, choix délicat compte tenu de l’appartenance d’Ankara à l’OTAN et de la relation personnelle, chaleureuse, entre le président Donald Trump et le président turc Recep Tayyip Erdoğan.
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Pourtant, le récit du Trésor sur cette violation dépasse largement la Turquie et s’étend bien plus loin à l’est : l’argent est entré dans le réseau en tant que recettes pétrolières en provenance de Chine.
Le calendrier soulève des questions quant au fait que des sanctions plus larges liées à la Chine soient envisagées face à d’autres priorités américaines.
La visite de Xi à Washington rétrécit l’espace de manœuvre
La Maison-Blanche a déclaré en mai que Trump accueillerait Xi Jinping à Washington à l’automne, en réponse à sa propre visite à Pékin ce mois‑là.
Reuters a rapporté vendredi, citant deux sources anonymes, que Xi préparait une délégation d’affaires particulièrement importante pour le sommet du 24 septembre, ajoutant un volet commercial au volet diplomatique.
L’administration Trump a déjà sanctionné des intermédiaires liés à la Chine et à Hong Kong, des compagnies maritimes et des raffineries « teapot » indépendantes, mais s’est arrêtée avant de viser une grande banque chinoise.
Bessent a rejeté l’idée que Washington hésitait à affronter la Chine, bien que sa propre question rhétorique — « Pourquoi voudrais-je faire exploser le système financier mondial ? » — capture le risque.
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Mais viser directement une grande banque chinoise pourrait entraîner d’importants coûts économiques et diplomatiques, particulièrement avant le sommet avec Xi.
Cibler une grande banque chinoise avant la visite de Xi pourrait déclencher des représailles et compliquer le sommet.
Bessent nie que Washington soit réticent à affronter la Chine, même si sa question rhétorique — « Pourquoi voudrais-je faire exploser le système financier mondial ? » — illustre le risque.
Les États‑Unis sont parvenus à une trêve fragile avec Pékin dans une guerre commerciale qui a fait fluctuer les marchés financiers et infligé des douleurs importantes aux importateurs et exportateurs des deux côtés du Pacifique.
La visite de Xi vise à stabiliser les relations après des mois de tensions commerciales. Une escalade des sanctions impliquant une grande banque chinoise pourrait compliquer ces efforts.
L’objection de la Chine
Le ministère des Affaires étrangères chinois a déclaré le 25 août que « la guerre économique et la pression maximale n’apportent aucune solution » et que la coopération de la Chine avec l’Iran ne doit pas être perturbée.
C’est une position qui laisse Washington avec deux voies possibles : passer des banques d’intermédiaires vers de grandes institutions financières chinoises, ou continuer à faire pression sur les réseaux entourant le pétrole iranien avant l’arrivée de Xi.
Si le Trésor nomme une grande banque chinoise avant le sommet prévu, la campagne iranienne deviendra un test direct du réchauffement des relations entre les États-Unis et la Chine.
Mais si le Trésor continue de cibler les réseaux d’intermédiaires plutôt que les grandes institutions financières chinoises, il pourrait accroître la pression sur Téhéran tout en évitant un affrontement direct avec Pékin.
