Le Premier ministre Mark Carney est confronté à un premier test électoral lundi lorsque les électeurs se rendront aux urnes pour trois by-elections fédérales, et une course serrée au Québec met à l’épreuve si son approche ferme envers le président américain Donald Trump se traduit par des suffrages au moment de voter.
Les scrutins à Chicoutimi Le Fjord, North Vancouver Capilano et Beaches East York ont été appelés par Carney et constituent les premières by-elections fédérales depuis l’entrée en fonction de son gouvernement libéral.
Chicoutimi Le Fjord est la course à surveiller
La plus grande incertitude se situe à Chicoutimi Le Fjord, où les libéraux tentent de prendre la circonscription aux conservateurs tout en affrontant un solide défi du Bloc Québécois.
Un sondage Poliwave réalisé par Liaison Strategies entre le 16 et le 19 août donnait au candidat libéral Daniel Gobeil 39,9 %, devant la candidate du Bloc Québécois Caroline Dubé à 35,1 %. Le candidat conservateur Régis Gaudreault était à 15,4 %.
Cette avance de cinq points des libéraux fait de Chicoutimi Le Fjord de loin le plus serré des trois scrutins sondés.
Un deuxième sondage plus récent a aussi montré un duel serré entre Libéraux et Bloc.
Un sondage Segma Recherche auprès de 448 électeurs, commandé par CKAJ 92,5 et publié le 25 août, plaçait le candidat libéral Daniel Gobeil à 40,3 %, juste devant Dubé à 37,8 %. Le candidat conservateur Régis Gaudreault était à 16,8 %. La marge d’erreur du sondage était de 4,6 points de pourcentage, ce qui signifie que les candidats libéral et du Bloc se trouvaient en réalité dans une égalité statistique. Treize pour cent des répondants étaient indécis, tandis que 3 % ont refusé de dire pour qui ils voteraient.
Les deux sondages montrent une image cohérente : les libéraux obtiennent un léger avantage, mais le Bloc demeure à portée de tir.
L’approbation de Carney demeure élevée
Cela revêt une signification particulière pour Carney, car le chef libéral bénéficie d’importantes cotes d’approbation personnelle alors qu’il adopte une ligne plus ferme face à Trump sur les tarifs et le commerce.
Carney était déjà populaire avant son dernier affrontement avec Trump. Sa cote d’approbation a augmenté de 3 points pour atteindre 60 % la semaine dernière, tandis qu’un sondage réalisé durant la même période montrait que la majorité des Canadiens souhaitaient une approche plus ferme des négociations commerciales avec les États‑Unis, quelques jours avant l’effondrement des négociations.
Il a également reçu un large soutien de la part des premiers ministres provinciaux, toutes obédiences confondues, dont le conservateur de l’Ontario Doug Ford, qui a fermement repoussé les menaces tarifaires de Trump, et le social-démocrate manitobain Wab Kinew, qui a déclaré être « 100 % » derrière Carney.
Un suivi fédéral de Liaison Strategies publié la semaine dernière indiquait que le taux d’approbation de Carney avait gagné trois points pour atteindre 60 %. Son approbation au Québec était encore plus élevée, à 76 %, selon l’enquête.
Les chiffres arrivent alors que Carney se définissait de plus en plus par la réponse de son gouvernement à la pression commerciale exercée par Trump.
Le dernier affrontement de Carney avec Trump survient après que le Canada s’est retiré des discussions commerciales avec les États‑Unis à la suite d’un différend sur les tarifs. Carney a défendu une posture de négociation plus dure et s’est engagé à répondre aux nouveaux tarifs américains.
Les Canadiens soutiennent une approche plus ferme
Les sondages suggèrent que cette position bénéficie d’un large soutien public.
Une enquête Léger réalisée durant la même période a montré que 56 % des Canadiens souhaitaient qu’Ottawa adopte une ligne dure dans les négociations avec les États‑Unis et n’accorde aucune concession supplémentaire, tandis que 31 % préféraient une approche plus flexible.
La synchronisation des sondages pour les by-elections rend toutefois difficile de dire si la dernière confrontation avec Trump a directement modifié le comportement des électeurs.
Le sondage Poliwave sur Chicoutimi Le Fjord a été réalisé avant la dernière rupture des pourparlers Canada–États‑Unis. Le sondage Segma, publié après cette rupture, a également montré une course serrée entre libéraux et Bloc Québécois.
Cela signifie que le résultat de lundi pourrait offrir une photo politique utile, mais il ne prouvera pas à lui seul que la stratégie tarifaire de Carney a renforcé ou nué à sa popularité.
Les Libéraux en tête dans les autres by-elections
Les deux autres by-elections semblent nettement moins disputées selon les chiffres de Poliwave.
À North Vancouver Capilano, les Libéraux étaient à 46,8 %, contre 30,3 % pour les Conservateurs, 11,9 % pour le NPD et 10,8 % pour les Verts.
À Beaches East York, les Libéraux bénéficiaient d’une avance bien plus large, à 55 %, le NPD affichant 20,7 % et les Conservateurs 20,6 %.
Cela laisse Chicoutimi Le Fjord comme la course à surveiller.
Un test potentiel pour Carney
Pour Carney, une victoire libérale dans les trois circonscriptions constituerait un coup de pouce politique précoce et permettrait au premier ministre de mettre en avant un balayage net à la suite de son affrontement avec Trump.
Mais une défaite à Chicoutimi Le Fjord compliquerait cette image, d’autant que les Conservateurs occupent cette circonscription depuis 2018, même si leur marge s’était fortement réduite lors des élections fédérales de 2025, tandis que les libéraux cherchent à renforcer leur position au Québec. Carney espère mettre fin à la domination des Conservateurs dans la région.
Avec deux sondages récents montrant les Libéraux et le Bloc séparés par seulement quelques points, le résultat pourrait finalement dépendre de la participation et des électeurs indecis.
Dans tous les cas, le résultat à Chicoutimi Le Fjord est susceptible d’attirer le plus d’attention, alors que les Canadiens offrent à Carney son premier verdict électoral important depuis sa dernière confrontation avec Trump sur les tarifs.
