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Le rial a chuté jusqu’à un niveau record de 2,02 millions de rials pour un dollar, lundi, ouvrant la voie au « D-Day économique » tant attendu du président Donald Trump — sa dernière manœuvre visant à mettre fin au conflit de plusieurs mois avec l’Iran.

Trump a déclaré que ses deux priorités principales dans un accord mettant fin à la guerre avec Téhéran sont de veiller à ce qu’il ne développe jamais d’arme nucléaire et d’obtenir un passage libre pour le trafic commercial à travers le détroit d’Ormuz, une route vitale pour les approvisionnements énergétiques mondiaux.

La pression économique renouvelée sur l’Iran, qui comprendra une nouvelle série de sanctions plus larges, sera une autre épreuve pour savoir si le pouvoir américain peut obtenir les résultats que Trump veut après les campagnes de pression antérieures qui n’ont pas réussi à les obtenir.

La chute encore plus marquée du rial s’accompagnera d’une poussée inflationniste qui serre les ménages comme jamais. Des chocs économiques passés ont déclenché des soulèvements populaires contre le régime à Téhéran, les protestations ayant été réprimées par la violence d’État.

Une crise économique qui s’aggrave, attisée par des pressions financières américaines intensifiées, menace la pérennité d’un régime dont les forces de sécurité, jusqu’à présent, ont tenu le coup, et pourrait pousser l’Iran à atteindre une limite dangereuse.

La guerre américano-israélienne qui a commencé le 28 février approche des six mois, tandis qu’un blocus naval américain a rendu l’exportation du pétrole iranien — son produit le plus précieux — extrêmement difficile.

Le Fonds monétaire international prévoit que l’inflation en Iran approche les 70% cette année et que l’économie se contracte de plus de 5%.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a promis les « sanctions les plus sévères de l’histoire », comprenant des pressions sur les pays et les entreprises qui poursuivent leurs activités avec l’Iran. Il est sur le point de dévoiler le plan complet lundi.

Le régime iranien a déjà perdu une autre protection économique. Les Émirats arabes unis, longtemps partenaire commercial important et hub de réexportation qui avait aidé Téhéran à atténuer les sanctions, ont suspendu ces derniers jours leurs échanges commerciaux avec l’Iran.

Toutes ces pressions signifient que le « D-Day économique » que Trump s’est décrit pourrait bien toucher une économie dont les défenses sont déjà affaiblies. La question de savoir si cette faiblesse se transforme en levier reste ouverte et nous nous approchons d’une réponse.

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Comment le rial transforme les sanctions en pression domestique

La chute du rial est significative car le taux de change informel vis-à-vis du dollar américain est celui que paient la plupart des Iraniens. Un taux officiel administré par l’État tournait autour de 1,57 million de rials le 24 août.

Le taux du marché plus faible augmente les coûts pour les ménages et les entreprises qui ne peuvent obtenir des dollars par des canaux officiels, notamment pour les importations et les biens dont les prix suivent le dollar.

Ces pressions existaient avant la guerre actuelle, même si la dernière estimation de croissance annuelle couvre aussi les premières semaines du conflit.

La Banque mondiale estime que l’économie iranienne a reculé de 2,7 % au cours de l’année iranienne 2025/26, qui s’est terminée le 20 mars 2026, et prévoit que la forte inflation et la baisse des revenus réels freineront la demande intérieure.

Elle prévoit également que les sanctions, les problèmes de transport et la difficulté à obtenir des assurances continueront de contraindre le commerce international.

La détresse économique a été un facteur clé des protestations antigouvernementales ces dernières années, les organisations de défense des droits accusant les forces de sécurité iraniennes d’avoir tué un grand nombre de manifestants lors des répressions.

Pour Washington, le rial sert de jauge visible pour savoir si les sanctions et d’autres formes de pression économique atteignent l’économie intérieure iranienne.

Une chute soutenue indiquerait que les sanctions et le blocus réduisent encore la confiance dans la capacité de Téhéran à préserver son pouvoir d’achat et, par extension, à contenir le mécontentement public.

Mais la stabilisation de la monnaie signifierait que l’Iran dispose encore de moyens pour amortir le choc et éviter soit une nouvelle poussée d’agitation sociale, soit une fracture du régime.

L’effet politique est plus difficile à prévoir. La détresse économique peut augmenter la pression sur les gouvernements, mais elle ne se traduit pas automatiquement par des concessions diplomatiques.

L’Iran a jusqu’ici résisté aux exigences américaines malgré la guerre et demeure capable de perturber le trafic via le détroit d’Ormuz, laissant la campagne économique de Trump imbriquée dans un conflit plus large sur le levier militaire et la diplomatie.

La Chine est le test clé

La Chine constitue l’un des principaux tests du « D-Day » de Trump. Pékin a acheté plus de 80 pour cent du pétrole iranien transporté en 2025, selon les données de Kpler citées par Reuters. Elle a également acheté du pétrole iranien, bien que dans une mesure bien moindre, au cours de la période du conflit.

La réponse de Pékin face aux nouvelles sanctions américaines est donc centrale quant à la marge de revenus supplémentaires que Washington peut priver à Téhéran.

Les dégâts de la guerre, le blocus et le rétrécissement des routes commerciales ont créé des conditions que les campagnes de sanctions antérieures n’avaient jamais rencontrées, donnant un nouvel avantage à la dernière série de sanctions de Trump.

L’annonce de lundi du Trésor devrait montrer si le « D-Day » dépasse les simples désignations supplémentaires pour exercer une pression crédible sur les principaux acheteurs restants de l’Iran.

Les signaux à surveiller se trouvent dans les exportations de pétrole iranien, les achats chinois et la trajectoire du rial lui-même.

Des baisses plus prononcées dans ces trois domaines renforceraient l’affirmation de Washington selon laquelle cette pression est différente, et donc plus efficace.

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