La Chine a mardi rejeté une affirmation du haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la sécurité, selon laquelle l’armée chinoise aurait entraîné du personnel russe qui aurait ensuite combattu en Ukraine.
La Chine s’est présentée comme neutre dans la guerre de plus de quatre ans que mène la Russie contre l’Ukraine. Mais elle a repris le récit du Kremlin qui impute le conflit à l’expansion de l’OTAN tout en renforceant ses liens diplomatiques et économiques avec Moscou, devenant notamment un important acheteur de pétrole et de gaz russes en dépit d’un régime de sanctions dirigé par les États‑Unis.
Les États-Unis, l’Union européenne (UE) et d’autres alliés de Kiev accusent depuis longtemps Pékin d’aider à soutenir l’effort de guerre russe par le biais du commerce et des exportations de biens à double usage.
Kaja Kallas, haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la sécurité, a adressé des propos durs à l’égard de Pékin lundi, affirmant qu’il s’agissait d’un soutien plus direct.
Catalyseur décisif
« Nous avons également désormais vérifié des rapports selon lesquels l’armée chinoise aurait entraîné le personnel militaire russe pour combattre en Ukraine, » a déclaré Kallas après avoir présidé une réunion des 27 ministres des Affaires étrangères du bloc à Luxembourg. « Nous évaluons avec soin les implications. »
Kallas n’a pas fourni d’autres détails sur l’entraînement allégué. Cependant, elle a décrit Pékin comme un « catalyseur décisif » de l’invasion russe, un terme fréquemment utilisé par les responsables occidentaux pour qualifier le soutien de la Chine à Moscou.
Le ministère chinois des Affaires étrangères a rapidement rejeté l’allégation.
« Ces remarques n’ont aucune base factuelle et ne sont que calomnies et diffamations », a déclaré le porte-parole du ministère, Lin Jian, lors d’un point de presse régulier à Pékin mardi.
Nouvelle vague de sanctions
Également lundi, le Conseil européen a annoncé des sanctions visant 21 entités et sept personnes qu’il a estimées soutenir « le complexe militaro‑industriel russe et ses facilitateurs dans des pays tiers ».
Parmi les cibles figuraient le fabricant chinois d’électronique Shenzhen Minghuaxin, que l’UE a déclaré avoir fourni des composants et des technologies liés aux drones à la Russie, et Xinxiang Richful Lubricant Additive Company, un important producteur chinois d’additifs lubrifiants utilisés dans des applications industrielles et lourdes. De tels produits sont essentiels au maintien et à la fabrication de véhicules militaires, de systèmes d’armes et d’équipements industriels.
L’annonce des sanctions est intervenue après une nouvelle vague de frappes russes sur l’Ukraine.
Les autorités ukrainiennes ont indiqué que la Russie avait lancé 70 missiles et 611 drones au cours de la nuit de lundi, parmi les plus fortes attaques aériennes de la guerre.
Au moins 11 personnes ont été tuées à travers le pays, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Une cathédrale célèbre et un monastère ont été touchés lors de ces frappes, provoquant une indignation internationale.
L’Ukraine a répliqué mardi par une frappe de drones contre la raffinerie pétrolière de Moscou, que Kiev affirme pourvoir à environ 40 pour cent de la demande pétrolière de Moscou.
