Trump affirme qu’Israël n’existerait pas sans lui

Le président Donald Trump a laissé entrevoir une fracture grandissante avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en affirmant « il n’y aurait pas d’Israël sans moi » lors d’un réquisitoire au sommet du G7.

Trump a affiché une frustration croissante envers son allié ces dernières semaines alors que les États‑Unis tentaient de conclure un accord de paix avec l’Iran, avant qu’un accord ne soit finalement conclu dimanche. Trump et Netanyahu avaient ordonné des frappes conjointes américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février, visant à détruire la capacité de l’Islamic Republic à fabriquer une arme nucléaire.

S’exprimant aux côtés de l’émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, lors du sommet des plus grandes puissances économiques mondiales à Évian-les-Bains, en France, Trump a déclaré : « Sans les États‑Unis, il n’y aurait pas d’Israël. Sans moi, il n’y aurait pas d’Israël, car aucun autre président n’était prêt à faire ce que j’ai fait. »

« Israël aurait été démoli il y a longtemps, si je ne m’étais pas impliqué », a affirmé Trump, tout en niant toute frustration envers Netanyahu, assurant entretenir « une excellente relation » avec lui, mais en critiquant une attaque israélienne récente au Liban et en déplorant que trop de civils soient tués.

En faisant référence à une frappe israélienne non précisée, Trump a déclaré : « J’ai vu cette attaque, j’ai vu où cette bombe est tombée. C’était vicieux. » Trump a également averti Netanyahu d’être « plus responsable » en ce qui concerne le Liban.

Le Liban, un point d’achoppement pour l’accord sur l’Iran

Israël a été confronté à des condamnations internationales pour ses frappes au Liban, qui est entré dans la guerre contre l’Iran le 2 mars après que le Hezbollah a tiré des roquettes sur le nord d’Israël en soutien à son allié, Téhéran. Le bilan au Liban s’élève à 3 798 morts et 11 781 blessés, selon le ministère libanais de la Santé publique. Israël occupe désormais une bande du sud du Liban où plus d’un million de personnes ont été déplacées.

Le conflit au Liban constitue un obstacle au cadre de l’accord dans la guerre contre l’Iran. Téhéran, principal soutien du Hezbollah, a déclaré que toute nouvelle frappe israélienne sur le Liban et toute occupation supplémentaire du pays violeraient l’accord.

Trump a déclaré mardi que le Liban avait été « traité du pire » de « tous les pays » puisqu’il « ne peut pas se défendre » face au Hezbollah, que le gouvernement de Beyrouth ne parvient pas à maîtriser.

Il a ajouté qu’Israël avait été « en train de lutter contre le Hezbollah trop longtemps, et trop de personnes meurent ».

« Il ne faut pas démolir un immeuble à chaque fois que vous cherchez quelqu’un parce qu’il y a beaucoup de personnes dans ces immeubles et ils ne sont pas tous du Hezbollah, croyez-moi », a-t-il ajouté.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré que si Israël restait au sud du Liban, l’accord serait violé, signifiant que « la guerre n’a pas encore entièrement pris fin ».

Mais le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a affirmé que les troupes israéliennes resteraient en place en raison de la menace posée par le Hezbollah, et Netanyahou a déclaré lundi qu’Israël resterait au Liban « aussi longtemps que nécessaire ».

Étant donné qu’un responsable américain a indiqué que l’accord ne prévoyait pas le retrait israélien du Liban, des désaccords subsistent sur les termes du mémorandum d’accord (MOU) avant sa signature prévue vendredi.

Le Hezbollah a déclaré à Reuters mardi qu’elle avait déclaré que l’Iran aurait demandé le retrait des forces israéliennes, ce qui serait le résultat et non une condition préalable à la poursuite des discussions entre Téhéran et Washington. Le Hezbollah a précisé qu’il « n’y aurait pas d’accord nucléaire entre l’Iran et les États‑Unis tant que les Israéliens ne se seront pas retirés du Liban ».

Colère en Israël face à l’accord

Les informations sur un accord entre l’Iran et les États‑Unis ont été accueillies avec consternation en Israël, Netanyahou étant dans le collimateur à l’approche des élections.

Netanyahu a affirmé qu’il poursuivrait son combat pour empêcher l’Iran d’obtenir une arme nucléaire, objectif affiché par Israël et par les États‑Unis, mais l’absence de détails sur le plan a suscité des inquiétudes selon lesquelles Téhéran pourrait prendre l’ascendant.

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