Des États‑Unis au Royaume‑Uni : ils peinent dans un climat impitoyable

Des Américains vivant au Royaume‑Uni avertissent que la chaleur estivale là‑bas peut sembler plus intense que dans certaines parties des États‑Unis, même lorsque les relevés thermométriques y restent souvent plus bas.

Des internautes et des expatriés partagent leurs expériences en ligne, décrivant la chaleur au Royaume‑Uni comme plus « oppressante » et plus difficile à fuir — essentiellement en raison de l’humidité, des infrastructures et des différences de mode de vie.

Ces derniers jours ont été marqués par des températures records et sans précédent dans plusieurs régions du Royaume‑Uni, le sud de l’Angleterre dépassant les 30 °C et approchant les 35 °C dans certaines zones, selon le Met Office britannique.

Les experts affirment que cette tendance s’inscrit dans un motif plus large: le climat du Royaume‑Uni se réchauffe, avec des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses liées au changement climatique. Les 10 années les plus chaudes du pays se sont toutes produites depuis 2006, d’après le Met Office.

Jeudi, un rapport du Met Office publié par l’Organisation météorologique mondiale a révélé qu’il y a 91 pour cent de chances que les températures moyennes mondiales dépassent temporairement 1,5 degré Celsius au‑dessus des niveaux préindustriels au moins une année entre 2026 et 2030.

« Une chaleur bien plus implacable et humide »

Pour Russell Valentin, 32 ans, la réalité du climat estival britannique s’est imposée après son passage de Chicago à Londres.

« Par rapport à Chicago, c’est une chaleur nettement plus implacable, intense et lourde », a‑t‑il déclaré, notant que la température la plus élevée qu’il avait connue au Royaume‑Uni tournait autour de 35 °C (95 °F).

Valentin a dit s’être d’abord contenté de rideaux occultants et de ventilateurs pour faire face, avant d’acheter un climatiseur portable, qui « a définitivement fait diminuer l’acidité de l’expérience ».

S’adapter de la chaleur des États‑Unis aux étés du Royaume‑Uni

Parks a également publié cette semaine une vidéo sur TikTok sur son compte @mp_xoxox9, en adressant la chaleur britannique à ses « victimes de la vague de chaleur ».

Ayant grandi à Austin puis ayant vécu à Houston, Parks affirme que la chaleur extrême est une donnée normale au Texas, où des températures supérieures à 38 °C peuvent persister pendant des semaines, voire des mois.

Mais son expérience diffère au Royaume‑Uni, où elle a déménagé à Londres en janvier 2025. Bien que les températures au Royaume‑Uni ne puissent pas atteindre les sommets texans, les conditions peuvent toutefois paraître plus difficiles.

« Les pires températures que j’ai vécues au Royaume‑Uni l’été dernier, lorsque j’estime que le thermomètre a approché les 35 °C [95 °F], n’éveilleraient pas d’étonnement au Texas, mais elles ont quand même surpris les gens », a‑t‑elle expliqué.

Parks décrit la chaleur en Grande‑Bretagne comme « plus lourde, presque oppressante », attribuant cela à des différences d’infrastructures et de mode de vie. Au Texas, la climatisation est répandue et les habitudes quotidiennes sont conçues pour éviter les heures les plus chaudes.

À l’inverse, Londres bénéficie de journées d’été plus longues avec, en général, peu de climatisation dans les habitations, et la vie dans la capitale implique souvent de marcher, d’emprunter les transports en commun et de passer du temps dehors, a‑t‑elle noté.

Pourquoi la chaleur paraît plus intense

Les experts expliquent que la perception d’une chaleur plus forte au Royaume‑Uni repose sur des facteurs scientifiques.

Alexander Matveenko, expert en technologies climatiques et cofondateur de la startup Rainbow Weather, a déclaré que le stress thermique dépend d’un ensemble de conditions qui dépassent la simple température, notamment l’humidité, le vent et l’efficacité du refroidissement nocturne des bâtiments.

Une humidité élevée joue un rôle important. Pendant les vagues de chaleur au Royaume‑Uni, l’humidité reste souvent élevée pendant la nuit, empêchant le corps de récupérer de la chaleur. L’humidité limite l’évaporation de la sueur — le principal mécanisme de refroidissement du corps — rendant plus difficile la régulation de la température.

Matveenko a ajouté que cela peut signifier qu’une journée à Londres sous 30 °C peut imposer au corps un stress physiologique équivalent à celui d’une journée à 38 °C à Phoenix.

Un climat en mutation

Les scientifiques estiment que ces difficultés risquent de croître à mesure que le climat continue de se réchauffer.

Les études climatiques montrent que le rythme du réchauffement depuis 1982 est actuellement plus de trois fois plus rapide, autour de 0,20 °C par décennie, selon le site Climate.gov de l’Administration nationale océanique et atmosphérique des États‑Unis (NOAA).

En conséquence, des conditions qui paraissaient autrefois inhabituelles deviennent la norme nouvelle — laissant même ceux qui sont habitués à des climats chauds aux États‑Unis surpris par la façon dont la chaleur au Royaume‑Uni se ressent différemment.

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