J.D. Vance en 2028 : ses chances face aux principaux démocrates alors que Trump le soutient

Après qu’il a été rapporté que le président Donald Trump aurait en privé confié à des donateurs qu’il souhaite que le vice-président JD Vance lui succède, les premiers sondages montrent que l’emprise de Vance sur le champ républicain en lice pour 2028 est moins ferme qu’il y a six mois.

« En fin de compte, il faut élire JD », a déclaré Trump lors d’une rencontre à la Maison Blanche avec des donateurs il y a environ deux semaines, a rapporté jeudi The Washington Post, citant deux personnes au fait des propos qui ont demandé à rester anonymes.

S’adressant à des journalistes jeudi, Trump a démenti toute endorsement envers Vance. « Non, non », a-t-il dit. « Je le trouve formidable, mais nous sommes encore trop tôt pour même y penser ».

La course de 2028 demeure indécise dans les deux partis, plus de deux ans avant le jour du vote. Vance demeure en tête des sondages nationaux républicains par une marge à deux chiffres, mais son avantage sur le secrétaire d’État Marco Rubio dans le New Hampshire s’est réduit, passant de 46 points en février à 10 points en juillet.

Du côté démocrate, Alexandria Ocasio-Cortez, représentante de New York, est passée en tête dans le champ du New Hampshire, tandis que le gouverneur de Californie Gavin Newsom et l’ancienne vice-présidente Kamala Harris ont chacun perdu environ la moitié de leur soutien depuis l’hiver.

Aucun candidat dans l’un ou l’autre parti n’a encore officiellement déclaré sa candidature, et les stratèges des deux camps estiment que les élections de mi-mandat de novembre façonneront le paysage. Trump a évité publiquement de soutenir un éventuel successeur, louant à la fois Vance et Rubio tout en refusant de se prononcer.

Ce que disent les sondages

Le vice-président devance AOC et Newsom dans des confrontations hypothétiques pour 2028, mais les premiers chiffres ne constituent qu’un instantané d’une course encore en formation.

Un sondage Zogby Analytics publié en juillet montre Vance en tête devant deux des principaux adversaires démocrates parmi les électeurs susceptibles de voter, avec le vice-président affichant 45 % d’appui contre 37,6 % pour Ocasio-Cortez et menant Newsom 45,1 % à 38,1 %.

Ces résultats donnent à Vance une avance d’environ 7 points sur ces deux démocrates, suggérant un avantage précoce parmi les électeurs susceptibles de voter. Mais l’enquête révèle également un niveau d’incertitude important, avec entre 17 % et 23 % des répondants qui se disent « pas sûr » dans les duels.

Cette part d’indécis reflète la nature fluide des premiers sondages présidentiels. Aucun grand candidat n’a encore officiellement lancé une campagne pour 2028, ce qui signifie que la notoriété du nom, la loyauté envers le parti et le sentiment politique général jouent probablement un rôle majeur dans la formation des préférences des électeurs à ce stade.

La même enquête Zogby a également testé Marco Rubio, secrétaire d’État, face aux adversaires démocrates. Rubio menait de justesse Newsom 40,3 % à 36,2 % et dépassait Ocasio-Cortez 39,2 % à 38,3 %, montrant une position plus faible mais néanmoins compétitive par rapport à Vance.

Les marchés de prédiction racontent une histoire similaire d’un resserrement de la compétition républicaine, et d’un champ plus compétitif que ce que suggèrent les sondages primaires.

Sur le marché Kalshi concernant le vainqueur de l’élection présidentielle de 2028, Vance était évalué à 18 % jeudi et Rubio à 16 %, soit un écart de deux points. Newsom suivait à 12 %, le sénateur géorgien Jon Ossoff à 11 %, Ocasio-Cortez à 7,7 % et Harris à 4,8 %.

Le marché équivalent de Polymarket donnait Vance à 22 % et Rubio à 13 % jeudi, avec Newsom et Ocasio-Cortez à égalité à 11 %, Ossoff à 10 % et Harris à 4 %. Vance reculait de cinq points sur la plateforme et Rubio gagnait sept.

Une année calme pour Vance, et une remise à zéro

Le rapport tombe à un moment utile pour un vice-président qui a passé une grande partie de 2026 hors des projecteurs pendant que Rubio y tenait la vedette.

La progression de Rubio cette année a été alimentée par sa visibilité. Il a pris en main la réponse de l’administration au Venezuela, joué un rôle central dans le conflit avec l’Iran, médiatisé des discussions entre Israël et le Liban, et suscité l’intérêt par une apparition de remplacement très relayée lors d’un point de presse à la Maison-Blanche. Trump l’a qualifié du meilleur secrétaire d’État de l’histoire du pays.

Les missions de Vance ont été moins visibles publiquement mais plus institutionnelles.

Depuis mars 2025, il occupe le poste de président financier du Comité national républicain, devenant le premier vice-président en exercice à occuper cette fonction. Dans ce rôle, il a aidé à lever plus de 60 millions de dollars pour le comité, selon The New York Times.

Le RNC a annoncé 128 millions de dollars en liquidités dans son dépôt de juin auprès de la Commission fédérale des élections (FEC). Le président du Comité national républicain, Joe Gruters, a décrit Vance à Fox News Digital comme une machine de collecte de fonds pour le comité à l’approche des élections de mi-mandat.

Vance a également tissé des relations avec des donateurs au-delà du RNC. Il a tenu un grand rassemblement de fin juin chez Chamath Palihapitiya, investisseur à Palo Alto, qui a permis de lever 4,2 millions de dollars, selon Axios. Il a aussi animé des événements en Floride, en Oklahoma, au Tennessee et au Texas.

Ce rôle lui donne un accès soutenu à la classe des donateurs à un moment où Rubio, en tant que secrétaire d’État, a moins d’occasions de bâtir une opération politique. Rubio n’a actuellement pas d’organisation ou de réseau d’assistants comparable axé sur une éventuelle campagne de 2028.

Vance a aussi joué un rôle dans les négociations du cessez-le-feu de juin avec l’Iran. L’accord s’est effondré en juillet, mais des conseillers ont confié au Post que son implication restait un atout politique, car l’accord lui-même était populaire auprès des électeurs, même s’ils désapprouvaient la gestion du conflit par Trump.

Pourtant, un sondage de la Marquette Law School mené du 22 au 29 juillet mettait en évidence un contraste entre la force précoce de Vance dans les sondages pour 2028 et son image publique plus large. Si Vance s’est imposé comme l’un des favoris précoces des Républicains, 38 % des répondants le voyaient favorablement et 54 % défavorablement. Rubio, quant à lui, affichait les chiffres de faveur les plus élevés parmi les Républicains testés, avec 34 % le voyant favorablement et 45 % défavorablement.

New Hampshire Shows How Much Can Still Change

Le mouvement le plus fort est venu dans l’État qui a accueilli la première primaire présidentielle républicaine en un siècle, avec des bascules majeures observées des deux côtés de l’échiquier.

Le Granite State Poll de l’University of New Hampshire, mené du 15 au 20 juillet, a montré Vance en tête devant Rubio 36 % à 26 % parmi les électeurs républicains susceptibles de participer à la primaire. En février, Vance affichait un avantage bien plus marqué, le devançant 53 % à 7 %.

Ce déplacement représente une perte de 17 points pour Vance et un gain de 19 points pour Rubio en cinq mois.

Le sénateur Rand Paul du Kentucky et Haley ont chacun obtenu 8 % dans le sondage du New Hampshire, tandis que DeSantis a recueilli 6 %. Le sondage a interrogé 1 458 résidents du New Hampshire et son écart d’erreur global était de plus ou moins 2,6 points de pourcentage. L’échantillon primaire républicain de 579 électeurs susceptibles avait une marge d’erreur de 4,1 points.

Le sondage de mars de Saint Anselm College auprès des républicains du New Hampshire montrait une tendance similaire, Vance devançant Rubio 46 % à 27 %.

Le champ démocrate a aussi évolué. Le même Granite State Poll montre Ocasio-Cortez en tête avec 22 %, juste devant l’ancien secrétaire aux Transports Pete Buttigieg à 21 %. Le sénateur Mark Kelly d’Arizona suivait avec 9 %, Newsom avec 8 %, le sénateur Bernie Sanders du Vermont avec 6 % et Harris avec 5 %.

Depuis février, Ocasio-Cortez est montée de sept points dans le New Hampshire, tandis que Newsom est tombé de sept points et Harris de cinq. Le sondage de Saint Anselm montrait également un mouvement similaire, Buttigieg se maintenant à 29 % tandis qu’Ocasio-Cortez passait de 10 % à 17 %.

Au niveau national, toutefois, le champ démocrate demeure bien plus ouvert. Le sondage d’Emerson College de mai a montré Buttigieg en tête à 18 %, suivi de Newsom à 16 %, Ocasio-Cortez à 11 %, Shapiro et Harris à 10 % chacun, et Beshear à 9 %. 18 % des répondants étaient indécis.

Ce qui est à venir

Alors qu’aucun candidat majeur pour 2028 n’a encore officiellement déclaré sa candidature, les prétendants à la présidentielle testent généralement des campagnes, bâtissent des réseaux de donateurs et visitent les États qui votent tôt peu après les élections de mi-mandat. Des annonces de campagne officielles sont attendues tout au long de 2027, avant les premiers scrutins primaires début 2028.

Dates clés :

  • Novembre 2026 : Élections de mi-mandat.
  • Fin 2026‑Début 2027 : Des candidats potentiels commencent à organiser leurs campagnes.
  • Tout au long de 2027 : Annonces officielles de campagnes présidentielles.
  • Début 2028 : Début des primaires.
  • Le 7 novembre 2028 : Jour de l’élection présidentielle.

Vance n’a pas encore annoncé de candidature pour 2028, mais avec Trump dans l’impossibilité de solliciter un nouveau mandat, il devrait rester une figure majeure dans les discussions sur l’avenir du Parti républicain.

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