Le président Donald Trump a signé un nouvel accord de sécurité avec le Danemark et le Groenland qui étend la présence militaire américaine sur l’île arctique, s’appuyant sur un traité de défense qui a jusqu’alors régulé l’accès des États-Unis sur place depuis 75 ans.
L’accord, signé mardi en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, ajoute de nouveaux sites de défense américains et confère à Washington un rôle à long terme dans la sécurité du Groenland. Contrairement à l’Accord de défense états-unien-danois de 1951, le pacte intègre également le Groenland et accorde à Washington le droit de veto sur certains investissements étrangers sensibles dans la région.
Cet accord de sécurité survient après des mois de tensions autour de la demande de Trump selon laquelle les États‑Unis devaient s’emparer du territoire.
Trump a décrit l’accord dans son discours à l’ONU comme donnant aux États‑Unis un « contrôle permanent sur la sécurité et sur tous les autres besoins » au Groenland.
« Aucun adversaire des États‑Unis ne sera jamais autorisé à établir une présence militaire au Groenland, ni à réaliser des investissements sensibles là-bas sans notre approbation écrite expresse », a-t-il poursuivi. Le président a également annoncé que les États‑Unis construiraient deux « bases militaires très importantes » sur l’île arctique, qui demeure sous contrôle danois.
Le Danemark a déclaré que cet arrangement reconnaissait la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark ainsi que le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination, tout en conférant à Washington un rôle militaire plus vaste au Groenland.
Que disait le traité de 1951 ?
L’accord de défense initial entre les États‑Unis et le Danemark a été signé en 1951 dans le cadre du dispositif de sécurité de l’OTAN.
Il permettait aux États‑Unis d’établir des zones de défense au Groenland et conférait aux forces américaines de vastes droits pour construire et exploiter des installations militaires, stationner du personnel et mener des activités militaires dans ces zones. Le traité préservait également la souveraineté danoise sur le Groenland.
Les États‑Unis ont finalement exploité de nombreuses installations militaires à travers l’île pendant la Guerre froide. À son apogée, la présence américaine comptait 17 installations et plus de 10 000 personnels. Aujourd’hui, la présence américaine est centrée sur la Pituffik Space Base dans le Groenland nord‑ouest, où environ 150 militaires américains sont stationnés.
L’accord de 1951 a été modifié en 2004, intégrant le gouvernement groenlandais doté d’une autonomie interne dans l’arrangement de défense.
En quoi le nouvel accord de sécurité diffère ?
Le changement le plus visible sera l’expansion des infrastructures militaires américaines. Les États‑Unis prévoient de rouvrir Narsarsuaq, une ancienne base des années de la Guerre froide dans le sud du Groenland, et d’établir une présence militaire à Mestersvig, sur la côte est de l’île.
Narsarsuaq abritait autrefois une base américaine connue sous le nom de Bluie West One, fermée par l’armée dans les années 1950. Mestersvig est actuellement utilisé par la patrouille danoise Sirius Dog Sled Patrol, une unité des forces spéciales du Danemark.
Trump a déclaré à l’Assemblée générale des Nations Unies que les États‑Unis « démarreraient immédiatement le processus » pour développer une présence militaire plus importante. « Nous allons construire deux bases militaires très importantes », a-t-il ajouté.
L’accord permet également aux États‑Unis d’étendre leurs opérations à Pituffik et autorise l’établissement d’un système de défense antimissile Golden Dome au Groenland. Les États‑Unis ont aussi déjà un engagement important de maintenance à long terme à Pituffik. Un contrat du Département de la Défense attribué à la société groenlandaise Inuksuk A/S en 2023 a été évalué à jusqu’à 3,95 milliards de dollars sur la durée du contrat, jusqu’en 2034, pour exploiter et entretenir la base.
L’accord interdit également aux pays non membres de l’OTAN d’établir une présence militaire au Groenland. Cette disposition est significative car l’Arctique est devenu une zone de compétition de plus en plus importante impliquant les États‑Unis, la Russie et la Chine.
Le nouvel arrangement va donc au‑delà de l’ajout simple de troupes américaines. Il établit un cadre destiné à empêcher les puissances rivales d’obtenir une présence militaire ou stratégique au Groenland.
Trump a utilisé son discours à l’ONU pour présenter l’accord comme une réponse directe aux menaces qu’il a décrites comme provenant d’autres puissances.
Comment les accords de 1951 et de 2026 se comparent
À quel coût pour les contribuables américains ?
Trump a déclaré que l’accord serait « sans coût pour les États‑Unis ».
Cependant, ce pacte lui-même ne signifie pas que l’expansion de la présence militaire américaine sera gratuite pour les contribuables américains. Les États‑Unis devront financer tout ce que le département de la Défense entreprendra en matière de construction, de personnel, d’équipement, de transport et d’opérations, sauf si ces coûts sont imputés au Danemark, au Groenland ou à d’autres partenaires de l’OTAN.
Il n’existe pas encore de chiffre public pour la construction des deux nouvelles bases ou pour l’expansion plus large.
Le Danemark dit que l’accord pourrait durer éternellement
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a présenté l’accord comme un dispositif de sécurité plutôt que comme un changement de souveraineté du Groenland.
Lors de la signature, Frederiksen a déclaré que l’accord pourrait « durer éternellement » et a mis en avant le rôle de l’OTAN dans la sécurité arctique. Elle a aussi affirmé que l’accord respecte le droit du Groenland à l’autodétermination — un point qui a été au cœur de la position du Danemark pendant toute la négociation.
Même après l’annonce de l’accord par Trump le 18 septembre, les responsables danois ont insisté sur le fait que l’accord préserverait la souveraineté danoise et nécessiterait l’approbation parlementaire avant d’entrer en vigueur.
Frederiksen avait auparavant décrit l’accord comme renforçant la sécurité pour le Groenland, le Danemark, les États‑Unis, l’OTAN et l’Europe.
Elle a déclaré : « La raison pour laquelle nous pouvons conclure cet accord… est qu’il s’agit d’une question de politique de sécurité. »
Le Groenland parle d’un « gain-gain-gain »
Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a également insisté sur l’importance de l’OTAN plutôt que sur une appropriation américaine.
« Nous croyons qu’il est vital de maintenir l’OTAN forte, aussi dans l’Arctique, où l’alliance a un rôle clé à jouer », a déclaré Nielsen lors de la signature.
Le gouvernement du Groenland avait auparavant décrit l’accord comme reconnaissant les intérêts et la place de l’île dans la coopération internationale.
Nielsen a qualifié l’arrangement de « gain-gain-gain » pour le Groenland, le Danemark et les États‑Unis: Trump obtient l’expansion de la présence militaire américaine qu’il recherchait, le Danemark conserve sa souveraineté sur le Groenland, et le Groenland obtient un rôle direct dans un dispositif de sécurité affectant son territoire.
Le nouvel accord est également conçu pour répondre à une question que le traité de 1951 n’avait pas à résoudre de la même manière: l’indépendance éventuelle du Groenland. On s’attend à ce que l’accord reste en vigueur même si le Groenland devenait indépendant, à condition qu’il reste au sein de l’OTAN.
L’accord apaise les tensions autour du Groenland
L’accord met fin aux tensions entre les États‑Unis et le Groenland, le Danemark et les autres membres de l’OTAN après que Trump a à plusieurs reprises menacé de prendre le contrôle de l’île arctique — avec ou sans son consentement.
En janvier, Trump avait déclaré que les États‑Unis « feraient quelque chose au Groenland, qu’ils le veuillent ou non », ajoutant que Washington poursuivrait l’île « soit de la manière douce, soit de la manière plus difficile ».
Trump a ensuite dit qu’il n’excluait pas des pressions économiques ou militaires pour atteindre son objectif.
Le gouvernement groenlandais s’est constamment opposé à l’idée que son avenir soit décidé par Washington. Nielsen a déclaré que le Groenland ne deviendrait pas une partie des États‑Unis et a souligné le droit de l’île à déterminer son propre avenir.
Le Danemark a également insisté sur le fait que le Groenland n’était pas à vendre et que sa souveraineté ne pouvait être transférée à un autre pays. Le différend est aussi devenu un enjeu pour l’OTAN.
Le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a reconnu les préoccupations de sécurité sous‑jacentes des États‑Unis dans l’Arctique, notamment face à l’essor des activités de la Russie et de la Chine, tout en plaçant la question dans le cadre d’une alliance. L’OTAN a ensuite renforcé son attention sur la sécurité arctique par le biais de l’opération Arctic Sentry, impliquant les États‑Unis, le Canada et des alliés européens.
Au moment où les négociations ont abouti au nouvel accord, l’accent est passé de la question de savoir si les États‑Unis pouvaient prendre le contrôle du Groenland à celle de savoir comment les États‑Unis, le Danemark et le Groenland pourraient renforcer les défenses de l’île.
L’OTAN dispose désormais d’un cadre de sécurité plus robuste entre les États‑Unis et l’Europe pour l’Arctique, qui ne cède pas face aux menaces de Washington de faire du Groenland un territoire américain.
Comment le nouvel accord de sécurité du Groenland signé par Trump se compare-t-il au traité de défense de 1951 ?
Le président Donald Trump a signé un nouvel accord de sécurité avec le Danemark et le Groenland qui étend la présence militaire américaine sur l’île arctique, s’appuyant sur un traité de défense qui a jusqu’alors régulé l’accès des États-Unis sur place depuis 75 ans.
L’accord, signé mardi en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, ajoute de nouveaux sites de défense américains et confère à Washington un rôle à long terme dans la sécurité du Groenland. Contrairement à l’Accord de défense états-unien-danois de 1951, le pacte intègre également le Groenland et accorde à Washington le droit de veto sur certains investissements étrangers sensibles dans la région.
Cet accord de sécurité survient après des mois de tensions autour de la demande de Trump selon laquelle les États‑Unis devaient s’emparer du territoire.
Trump a décrit l’accord dans son discours à l’ONU comme donnant aux États‑Unis un « contrôle permanent sur la sécurité et sur tous les autres besoins » au Groenland.
« Aucun adversaire des États‑Unis ne sera jamais autorisé à établir une présence militaire au Groenland, ni à réaliser des investissements sensibles là-bas sans notre approbation écrite expresse », a-t-il poursuivi. Le président a également annoncé que les États‑Unis construiraient deux « bases militaires très importantes » sur l’île arctique, qui demeure sous contrôle danois.
Le Danemark a déclaré que cet arrangement reconnaissait la souveraineté et l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark ainsi que le droit du peuple groenlandais à l’autodétermination, tout en conférant à Washington un rôle militaire plus vaste au Groenland.
Que disait le traité de 1951 ?
L’accord de défense initial entre les États‑Unis et le Danemark a été signé en 1951 dans le cadre du dispositif de sécurité de l’OTAN.
Il permettait aux États‑Unis d’établir des zones de défense au Groenland et conférait aux forces américaines de vastes droits pour construire et exploiter des installations militaires, stationner du personnel et mener des activités militaires dans ces zones. Le traité préservait également la souveraineté danoise sur le Groenland.
Les États‑Unis ont finalement exploité de nombreuses installations militaires à travers l’île pendant la Guerre froide. À son apogée, la présence américaine comptait 17 installations et plus de 10 000 personnels. Aujourd’hui, la présence américaine est centrée sur la Pituffik Space Base dans le Groenland nord‑ouest, où environ 150 militaires américains sont stationnés.
L’accord de 1951 a été modifié en 2004, intégrant le gouvernement groenlandais doté d’une autonomie interne dans l’arrangement de défense.
En quoi le nouvel accord de sécurité diffère ?
Le changement le plus visible sera l’expansion des infrastructures militaires américaines. Les États‑Unis prévoient de rouvrir Narsarsuaq, une ancienne base des années de la Guerre froide dans le sud du Groenland, et d’établir une présence militaire à Mestersvig, sur la côte est de l’île.
Narsarsuaq abritait autrefois une base américaine connue sous le nom de Bluie West One, fermée par l’armée dans les années 1950. Mestersvig est actuellement utilisé par la patrouille danoise Sirius Dog Sled Patrol, une unité des forces spéciales du Danemark.
Trump a déclaré à l’Assemblée générale des Nations Unies que les États‑Unis « démarreraient immédiatement le processus » pour développer une présence militaire plus importante. « Nous allons construire deux bases militaires très importantes », a-t-il ajouté.
L’accord permet également aux États‑Unis d’étendre leurs opérations à Pituffik et autorise l’établissement d’un système de défense antimissile Golden Dome au Groenland. Les États‑Unis ont aussi déjà un engagement important de maintenance à long terme à Pituffik. Un contrat du Département de la Défense attribué à la société groenlandaise Inuksuk A/S en 2023 a été évalué à jusqu’à 3,95 milliards de dollars sur la durée du contrat, jusqu’en 2034, pour exploiter et entretenir la base.
L’accord interdit également aux pays non membres de l’OTAN d’établir une présence militaire au Groenland. Cette disposition est significative car l’Arctique est devenu une zone de compétition de plus en plus importante impliquant les États‑Unis, la Russie et la Chine.
Le nouvel arrangement va donc au‑delà de l’ajout simple de troupes américaines. Il établit un cadre destiné à empêcher les puissances rivales d’obtenir une présence militaire ou stratégique au Groenland.
Trump a utilisé son discours à l’ONU pour présenter l’accord comme une réponse directe aux menaces qu’il a décrites comme provenant d’autres puissances.
Comment les accords de 1951 et de 2026 se comparent
À quel coût pour les contribuables américains ?
Trump a déclaré que l’accord serait « sans coût pour les États‑Unis ».
Cependant, ce pacte lui-même ne signifie pas que l’expansion de la présence militaire américaine sera gratuite pour les contribuables américains. Les États‑Unis devront financer tout ce que le département de la Défense entreprendra en matière de construction, de personnel, d’équipement, de transport et d’opérations, sauf si ces coûts sont imputés au Danemark, au Groenland ou à d’autres partenaires de l’OTAN.
Il n’existe pas encore de chiffre public pour la construction des deux nouvelles bases ou pour l’expansion plus large.
Le Danemark dit que l’accord pourrait durer éternellement
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a présenté l’accord comme un dispositif de sécurité plutôt que comme un changement de souveraineté du Groenland.
Lors de la signature, Frederiksen a déclaré que l’accord pourrait « durer éternellement » et a mis en avant le rôle de l’OTAN dans la sécurité arctique. Elle a aussi affirmé que l’accord respecte le droit du Groenland à l’autodétermination — un point qui a été au cœur de la position du Danemark pendant toute la négociation.
Même après l’annonce de l’accord par Trump le 18 septembre, les responsables danois ont insisté sur le fait que l’accord préserverait la souveraineté danoise et nécessiterait l’approbation parlementaire avant d’entrer en vigueur.
Frederiksen avait auparavant décrit l’accord comme renforçant la sécurité pour le Groenland, le Danemark, les États‑Unis, l’OTAN et l’Europe.
Elle a déclaré : « La raison pour laquelle nous pouvons conclure cet accord… est qu’il s’agit d’une question de politique de sécurité. »
Le Groenland parle d’un « gain-gain-gain »
Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen a également insisté sur l’importance de l’OTAN plutôt que sur une appropriation américaine.
« Nous croyons qu’il est vital de maintenir l’OTAN forte, aussi dans l’Arctique, où l’alliance a un rôle clé à jouer », a déclaré Nielsen lors de la signature.
Le gouvernement du Groenland avait auparavant décrit l’accord comme reconnaissant les intérêts et la place de l’île dans la coopération internationale.
Nielsen a qualifié l’arrangement de « gain-gain-gain » pour le Groenland, le Danemark et les États‑Unis: Trump obtient l’expansion de la présence militaire américaine qu’il recherchait, le Danemark conserve sa souveraineté sur le Groenland, et le Groenland obtient un rôle direct dans un dispositif de sécurité affectant son territoire.
Le nouvel accord est également conçu pour répondre à une question que le traité de 1951 n’avait pas à résoudre de la même manière: l’indépendance éventuelle du Groenland. On s’attend à ce que l’accord reste en vigueur même si le Groenland devenait indépendant, à condition qu’il reste au sein de l’OTAN.
L’accord apaise les tensions autour du Groenland
L’accord met fin aux tensions entre les États‑Unis et le Groenland, le Danemark et les autres membres de l’OTAN après que Trump a à plusieurs reprises menacé de prendre le contrôle de l’île arctique — avec ou sans son consentement.
En janvier, Trump avait déclaré que les États‑Unis « feraient quelque chose au Groenland, qu’ils le veuillent ou non », ajoutant que Washington poursuivrait l’île « soit de la manière douce, soit de la manière plus difficile ».
Trump a ensuite dit qu’il n’excluait pas des pressions économiques ou militaires pour atteindre son objectif.
Le gouvernement groenlandais s’est constamment opposé à l’idée que son avenir soit décidé par Washington. Nielsen a déclaré que le Groenland ne deviendrait pas une partie des États‑Unis et a souligné le droit de l’île à déterminer son propre avenir.
Le Danemark a également insisté sur le fait que le Groenland n’était pas à vendre et que sa souveraineté ne pouvait être transférée à un autre pays. Le différend est aussi devenu un enjeu pour l’OTAN.
Le Secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a reconnu les préoccupations de sécurité sous‑jacentes des États‑Unis dans l’Arctique, notamment face à l’essor des activités de la Russie et de la Chine, tout en plaçant la question dans le cadre d’une alliance. L’OTAN a ensuite renforcé son attention sur la sécurité arctique par le biais de l’opération Arctic Sentry, impliquant les États‑Unis, le Canada et des alliés européens.
Au moment où les négociations ont abouti au nouvel accord, l’accent est passé de la question de savoir si les États‑Unis pouvaient prendre le contrôle du Groenland à celle de savoir comment les États‑Unis, le Danemark et le Groenland pourraient renforcer les défenses de l’île.
L’OTAN dispose désormais d’un cadre de sécurité plus robuste entre les États‑Unis et l’Europe pour l’Arctique, qui ne cède pas face aux menaces de Washington de faire du Groenland un territoire américain.