Un sénateur républicain affirme se sentir bien mieux après un déjeuner mouvementé avec Trump

Le déjeuner, organisé au Capitole des États‑Unis, aurait vu le président tancer les républicains pour avoir permis un vote visant à bloquer la guerre en Iran, tandis que l’un de ceux qui ont voté contre lui, le sénateur Bill Cassidy de Louisiane, défendait son point de vue.

Le déjeuner a eu lieu peu après que Trump ait déclaré qu’il ne signerait pas un projet de loi bipartite sur le logement tant que le Congrès n’approuverait pas la Save Act, qui introduirait des mesures, y compris des exigences de citoyenneté, lors de l’inscription sur les listes électorales.

Dans les instants qui ont suivi l’événement, Tuberville, républicain de l’Alabama, a été interrogé sur ses réflexions concernant l’état de la législation.

Trump a déclaré après la rencontre que les choses s’étaient déroulées favorablement, même s’il n’apprécie « quelques personnes » présentes dans la pièce.

Le président a du mal à maintenir le soutien au sein de son propre parti pour la guerre, qui a commencé par des frappes conjointes sur l’Iran aux côtés d’ Israël à la fin février. Des voix MAGA se sont dites préoccupées par le fait que Trump ait ignoré ses promesses de ne plus engager de guerres durant son deuxième mandat.

Des divisions croissantes au sein du GOP s’étendent au-delà du vote sur l’Iran

Plusieurs rapports indiquaient que Cassidy et Trump se seraient livrés à un échange tendu lors du déjeuner, principalement autour du vote de mardi de Cassidy en faveur de la Résolution sur les pouvoirs de guerre en Iran.

« Je me suis levé et j’ai dit : ‘Vous n’avez pas dit au peuple américain ce qui se passe’ », a déclaré Cassidy aux journalistes après la rencontre. « Cela devait durer quatre semaines, ça dure depuis quatre mois. Nos objectifs initiaux n’ont pas été atteints. Je vote pour les pouvoirs de guerre jusqu’à ce que j’obtienne un briefing. »

Le déjeuner tendu de Capitol Hill s’inscrivait dans une tension plus large entre Trump et les républicains du Congrès, alimentée non seulement par des divergences sur la politique iranienne mais aussi par l’offensive agressive du président pour faire avancer sa loi électorale phare.

À peine quelques heures avant la rencontre, Trump avait durci la pression sur les parlementaires en annulant une signature prévue d’un important projet bipartite sur le logement, affirmant qu’il n’irait pas de l’avant tant que le Congrès n’adopterait pas la Save America Act.

Le texte sur le logement avait été adopté par le Congrès avec un soutien bipartisan écrasant, ce qui faisait de la décision de Trump une rare exception où le président mettait de côté une victoire politique largement soutenue afin d’obtenir des concessions de son propre parti.

Cette manœuvre a frustré certains Républicains, en particulier ceux qui souhaitent faire campagne sur des questions de coût de la vie avant les élections de mi-mandat de novembre, et elle a mis en évidence à quel point Trump est prêt à instrumentaliser des lois non liées pour faire passer la Save Act.

La poussée de Trump pour faire adopter la Save America Act

On pensait que le président parlerait surtout de la Save America Act lors du déjeuner — un projet de loi débattu par les parlementaires pendant des mois et source de frustration à la Maison‑Blanche. Il exigerait une preuve documentaire de citoyenneté pour les personnes qui s’inscrivent pour voter dans les élections fédérales et imposerait des exigences de pièce d’identité avec photo plus strictes lors du vote.

Ses partisans estiment qu’il renforcerait la sécurité des élections, tandis que les critiques soutiennent qu’il pourrait rendre le vote plus difficile pour les Américains éligibles qui n’auraient pas un accès facile aux documents requis.

Trump a fait de cette mesure une priorité législative centrale, exhortant à plusieurs reprises le Congrès à la faire adopter et la présentant comme essentielle à l’intégrité électorale. Le texte avait été approuvé par la Chambre plus tôt cette année, mais a bloqué au Sénat, où il fait face à une opposition démocrate unifiée et à des divisions parmi les républicains sur la stratégie.

Pour Tuberville, il a été un ardent défenseur de l’adoption de la Save Act, ayant aussi défendu des idées plus conservatrices en matière d’immigration, comme la fin de la citoyenneté nata­tive à la naissance. Hoeven a semblé favorable mais plus pragmatique dans son approche de la question.

Par ailleurs, la poussée de Trump en faveur de règles de vote plus strictes a été confrontée à une série de défis juridiques — un autre facteur qui augmente l’enjeu pour les Républicains du Congrès.

Une cour fédérale, mercredi, a invalidé des dispositions clés de l’ordonnance exécutive de Trump visant à exiger une preuve de citoyenneté pour voter, un juge estimant que le président manquait d’autorité constitutionnelle pour modifier unilatéralement les procédures fédérales en matière d’élection.

Dans une décision antérieure sur la même impulsion politique, le juge fédéral Colleen Kollar-Kotelly avait également estimé que « notre Constitution n’autorise pas le Président à imposer des modifications unilatérales des procédures fédérales en matière d’élection », soulignant que de tels pouvoirs appartiennent au Congrès et aux États.

Ces décisions ont effectivement déplacé le champ de bataille de l’agenda électoral de Trump vers Capitol Hill, augmentant la pression sur les parlementaires républicains pour qu’ils délivrent des mesures législatives sur les promesses que les tribunaux ont bloquées.

Un double test de l’unité du parti

Pris dans leur ensemble, les différends autour de l’Iran et de la Save America Act illustrent un défi plus large pour Trump alors qu’il cherche à maintenir l’unité du parti sur des fronts tant intérieurs qu’extérieurs.

D’un côté, le président pousse les républicains à se rallier derrière une refonte d’ensemble des lois électorales qui se heurte à de lourdes barrières procédurales au Sénat. De l’autre, il doit composer avec un bloc croissant de parlementaires du GOP prêts à rompre avec lui sur des questions de politique militaire et de pouvoir législatif.

La convergence de ces luttes — se déroulant toutes deux sur le Capitole en l’espace de quelques heures — oblige certains Républicains à naviguer entre des pressions concurrentes : soutenir l’agenda de Trump tout en affirmant leur indépendance sur des sujets allant des pouvoirs de guerre à d’autres priorités législatives.

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