Selon une série d’enquêtes nationales, l’approbation du président Donald Trump chez les milléniaux a chuté à son niveau le plus bas jamais enregistré, marquant un virage brutal par rapport à la position relativement compétitive qu’il occupait au début de son second mandat.
Un sondage de juin du Economist/YouGov a montré que l’approbation de Trump chez les Américains âgés de 30 à 44 ans était tombée à un nouveau plus bas, soulignant l’érosion continue de l’électorat millénial.
À l’approche des élections de mi-mandat de 2026, les républicains font face à un risque politique croissant parmi les milléniaux, qui représentent désormais l’un des plus grands blocs électoraux du pays. Des pertes soutenues au sein de ce groupe entraînent des conséquences structurelles sur le plan politique, et ses évolutions d’opinion pourraient influencer les résultats électoraux à l’échelle nationale. De plus, un déclin régulier dans une démographie clé est souvent un signe d’alarme plus fort qu’une simple donnée faible ponctuelle.
Points Clés
- L’approbation de Trump chez les milléniaux a atteint son plus bas niveau enregistré dans la série de sondages Economist/YouGov.
- Le dernier sondage affiche 26 pour cent d’approbation et 65 pour cent de désapprobation, soit une cote nette de -39.
- À l’échelle nationale, Trump affiche 35 pour cent d’approbation et 60 pour cent de désapprobation (cote nette -25).
- Au début de son deuxième mandat (26-28 janvier 2025), les milléniaux étaient presque à parts égales dans cette série de sondages, avec 44 pour cent d’approbation et 45 pour cent de désapprobation (cote nette -1).
- Cela représente une variation nette de 40 points chez les milléniaux depuis le début de 2025.
- Les moyennes de sondages continuent à montrer Trump en déficit sur le plan national, avec une approbation autour des 30 %) et une désapprobation proche de 60 %.
Ce que montre le dernier sondage
Les dernières données proviennent d’un sondage Economist/YouGov mené du 5 au 8 juin auprès de 1 568 adultes américains.
Dans l’enquête, qui présentait une marge d’erreur de plus ou moins 3,5 %, l’approbation générale du travail de Trump s’établissait à 35 %, avec 60 % de désapprobation — lui laissant une cote nette de -25 points, l’une des lectures les plus faibles de son deuxième mandat.
Parmi les milléniaux, les chiffres sont nettement plus négatifs : 26 pour cent approuvent la performance de Trump, tandis que 65 pour cent désapprouvent, ce qui donne une cote nette de -39 points.
Tendance clairement à la baisse
L’étendue du déclin devient plus évidente lorsqu’on la compare à des sondages antérieurs. Dans un sondage Economist/YouGov réalisé du 26 au 28 janvier 2025 auprès de 1 577 adultes américains, les milléniaux étaient presque à parts égales : 44 pour cent approuvaient et 45 pour cent désapprouvaient, pour une cote nette de -1. La marge d’erreur était de plus ou moins 3,2 pourcents.
Depuis lors, la trajectoire est constamment descendante alors que les électeurs plus jeunes se détachent de plus en plus du président.
Un sondage Economist/YouGov mené du 15 au 18 mai auprès de 1 549 adultes américains a trouvé que l’approbation de Trump chez les milléniaux était à 28 pour cent, déjà à un niveau historiquement bas à l’époque. La marge d’erreur était de plus ou moins 3,3 pourcents.
Pour aller plus loin, la tendance reste nette. Fin avril, une autre enquête Economist/YouGov montrait 29 pour cent d’approbation et 65 pour cent de désapprobation chez le même groupe d’âge.
Pris dans son ensemble, les données montrent une érosion régulière, des niveaux des hauts 20 % en avril et mai, déclinant vers le milieu des 20 % en juin, plutôt qu’un effondrement brutal — un motif souvent interprété comme un rééquilibrage de l’orientation politique sous-jacente plutôt qu’une volatilité à court terme.
Méthodologie du sondage
Le sondage Economist/YouGov utilise un panel Web pondéré pour correspondre à la population adulte des États‑Unis selon le sexe, l’âge, la race, le niveau d’éducation, la région et le comportement de vote, y compris les Elections présidentielles passées.
Alors que les sondages individuels varient, la cohérence inter-hebdomadaire — et l’alignement avec les tendances plus générales — renforcent la confiance dans la tendance.
À l’échelle des données agrégées, l’approbation deTrump se situe dans la fourchette des premiers 30 pour cent, avec des niveaux de désapprobation approchant les 60 pour cent.
Cela le place fermement en dessous de l’eau au niveau national, même avant de tenir compte du déclin plus marqué chez les électeurs plus jeunes.
Pourquoi les jeunes électeurs se détournent de Trump
L’écart entre les chiffres nationaux de Trump et son soutien chez les milléniaux souligne un déplacement structurel plus large.
Les électeurs plus jeunes ont longtemps été plus sceptiques, mais les chiffres actuels suggèrent que ce scepticisme se transforme en opposition soutenue.
Les sondages tout au long de 2025 et 2026 ont montré que les cohortes plus jeunes — incluant à la fois les milléniaux et la génération Z — affichent certaines des plus faibles cotes d’approbation de Trump, avec des préoccupations économiques, la pression du coût de la vie et les décisions de politique étrangère cités fréquemment comme moteurs clés.
Pour les milléniaux en particulier, des problématiques telles que l’accessibilité du logement, l’inflation et la croissance des salaires semblent porter un poids disproportionné — des facteurs qui pourraient expliquer en partie la chute plus marquée du soutien comparée à celle des électeurs plus âgés.
Ce que dit la Maison-Blanche
La Maison-Blanche a constamment minimisé les fluctuations des sondages, préférant mettre en avant la victoire de Trump lors de l’élection de 2024 comme indicateur le plus clair du soutien du public.
Dans un communiqué, le porte-parole de la Maison-Blanche, Davis Ingle, a déclaré que le résultat électoral — soutenu par 77 millions d’électeurs — restait la mesure définitive du sentiment des votants, le présentant comme un mandat pour l’agenda politique de Trump.
Ingle a à plusieurs reprises encadré ce résultat comme le « sondage ultime », faisant valoir que l’administration continue de mettre en œuvre ce qu’elle perçoit comme un programme largement soutenu, avec d’autres résultats encore à venir.
L’administration a également insisté sur son attention portée à la politique économique, à la création d’emplois et aux mesures relatives au coût de la vie, présentant les sondages actuels comme une photographie temporaire plutôt qu’un indicateur à long terme.
Ce que montrent les moyennes de sondage
Les agrégats plus larges des sondages renforcent le même schéma observé dans les enquêtes individuelles. La moyenne du The New York Times situe l’approbation de Trump à 39 %, avec 58 % de désapprobation, tandis que le sondage de synthèse de CNN affiche une image similaire avec 37 % d’approbation et 61 % de désapprobation.
À travers les modèles de suivi, la direction du mouvement a été globalement cohérente. Le Silver Bulletin de Nate Silver montre que l’approbation nette de Trump a atteint un creux du second mandat à -21,2 fin mai, avant de remonter autour de -18,7, encore nettement moins favorable que au même stade de son premier mandat.
Même lorsque des rebonds à court terme se produisent, la tendance plus large pointe vers une période durable sous le « seuil d’eau » politique — un niveau qui a historiquement créé des vents contraires pour les partis au pouvoir à l’approche des élections de mi-mandat.
