Affaire du paiement de silence de Trump : le juge rejette le transfert vers le tribunal fédéral

Un juge fédéral a de nouveau rejeté, vendredi, la tentative du président Donald Trump d’effacer sa condamnation pour des paiements de silence à New York, refusant de transférer l’affaire devant un tribunal fédéral ou de la rejeter sur la base de l’immunité présidentielle. Cela laisse la condamnation pour délit grave pleinement en vigueur pendant qu’il continue de contester l’affaire alors qu’il exerce ses fonctions de président.

Le juge de district américain Alvin K. Hellerstein a déclaré que les arguments renouvelés de Trump « n’étaient ni nouveaux ni juridiquement suffisants », ajoutant que le président « n’avait pas démontré de bonne cause et de diligence ».

Cela marque la troisième fois que Hellerstein refuse la tentative de Trump de détourner l’affaire du tribunal de New York où il a été jugé et condamné.

Dans un communiqué, un porte-parole de l’équipe juridique de Trump a déclaré : « La décision historique de la Cour suprême sur l’immunité, les Constitutions fédérales et de l’État de New York, et d’autres précédents juridiques établis obligent que la chasse aux sorcières perpétrée par le procureur de Manhattan soit transférée devant un tribunal fédéral, et immédiatement annulée et rejetée. »

« Le président Trump a déjà prévalu devant la Cour d’appel du Deuxième Circuit, et la décision sans fondement et illégale d’aujourd’hui contredit ce bon jugement. Le président Trump déposera un recours puissant et continuera de vaincre l’instrumentalisation démocrate à chaque tournant. »

Pourquoi le juge a rejeté la dernière requête de Trump

Le juge n’a trouvé aucun fondement pour réexaminer des arguments qu’il avait déjà rejetés, y compris l’affirmation de Trump selon laquelle la condamnation devrait être annulée parce que les actes sous-jacents sont liés à sa fonction présidentielle.

Dans son ordonnance, Hellerstein écrit que le dernier dépôt de Trump n’offre rien qui pourrait modifier les conclusions antérieures du tribunal. Le choix de mots du juge indique que la cour voit ces demandes répétées comme des tentatives de relitiguer des questions déjà tranchées plutôt que comme la présentation de nouvelles preuves ou de nouvelles théories juridiques.

La décision réaffirme également la séparation entre la fonction fédérale de Trump et le comportement au niveau de l’État au cœur de l’affaire. Trump a été condamné à New York en 2024 sur 34 chefs de falsification de documents commerciaux liés au remboursement à son ancien avocat, Michael Cohen, pour le paiement de silence à Stormy Daniels.

Hellerstein a à plusieurs reprises jugé que les actes en question relevaient du privé et non du rôle présidentiel, et ne pouvaient donc pas être transférés au niveau fédéral.

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Ce que la décision signifie pour la condamnation de Trump

La décision ne modifie pas sa peine — une relaxe sans condition prononcée plus tôt dans l’année — mais elle maintient la condamnation pendant que Trump poursuit son appel.

L’équipe juridique de Trump a soutenu que la condamnation devrait être effacée parce que l’affaire interfère prétendument avec l’autorité fédérale et parce que Trump devrait bénéficier de l’immunité contre les poursuites pour des actes liés à sa campagne politique.

La décision de Hellerstein met encore une fois fin à cet argument, laissant Trump poursuivre un recours uniquement par les tribunaux d’appel de l’État.

La condamnation découle d’une affaire qui avait commencé plusieurs années avant que Trump ne retourne à la Maison-Blanche. Des procureurs de Manhattan l’avaient accusé de falsifier des documents commerciaux pour dissimuler des remboursements à Cohen, qui avait versé 130 000 dollars à Daniels au cours de la campagne de 2016.

Un jury l’avait déclaré coupable sur toutes les charges en mai 2024, faisant de lui le premier président américain à être condamné pour un délit.

La décision de vendredi restreint les options de Trump. Puisque le retrait fédéral est exclu, son chemin restant passe par le système d’appel de New York, où il conteste déjà la condamnation.

Le processus d’appel pourrait durer des mois, et la décision garantit que la condamnation demeure en place pendant cette période.

La décision indique également que les tribunaux fédéraux sont peu enclins à intervenir dans l’affaire d’État, malgré les tentatives répétées de Trump de présenter les poursuites comme motivées politiquement ou liées à ses fonctions présidentielles.

Pour les procureurs, la décision est une nouvelle affirmation que l’affaire restera là où elle a commencé, devant le tribunal d’État de New York. Pour Trump, c’est un rappel que la condamnation qu’il a tenté d’écarter demeure en place, même s’il continue d’avancer que les poursuites étaient inappropriées.

Ce qui se passe ensuite

La prochaine étape de Trump interviendra devant les tribunaux d’appel de l’État, où ses avocats remettent en cause la condamnation et la théorie juridique qui la sous-tend.

Les appels permettront de déterminer si la loi de l’État de New York sur les falsifications de documents a été correctement appliquée et si les procureurs étaient obligés de préciser le « autre crime » que Trump aurait prétendument voulu dissimuler.

La décision maintient également vivantes les implications politiques et juridiques de la condamnation de Trump. Bien que la peine elle-même n’inclue aucune peine d’emprisonnement, le casier judiciaire pour crime grave demeure une marque historique et sans précédent pour un président en exercice.

Le processus d’appel déterminera si ce casier demeure ou s’il est éventuellement annulé, mais pour l’instant, la condamnation demeure pleinement en vigueur.

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