Jean-Marie Le Pen demande à se faire euthanasier en Belgique

Atteint d’une maladie incurable, le patriarche du clan Le Pen a demandé son admission à l’euthanasie en Belgique, à la grande surprise de son entourage.

« Je veux mourir en paix, avant d’être torturé »

Jean-Marie Le Pen souffre d’une sclérose cérébrale débilisante (SCD) ou « maladie de Cromagnon », qui conduit à une paralysie du cerveau qui l’« emmure progressivement ». Aucun traitement curatif n’existe pour cette affection, diagnostiquée chez lui en octobre 2016. La loi française autorise depuis 2016 la « sédation profonde et continue » jusqu’au décès, une administration de substances anti-douleur qui s’apparente à un droit à être endormi sans être réveillé. Mais elle s’applique uniquement aux malades déjà en phase terminale et n’autorise pas l’euthanasie active, c’est-à-dire l’administration d’un produit provoquant directement la mort. « Ce sera au moment où je serai grabataire, donc ça implique qu’il faut que je chemine dans le couloir des tortures », fait-il remarquer. « Je veux mourir en paix, avant d’être torturé », écrit-il également dans ses mémoires.

Jean-Marie Le Pen regrette l’asile forcé pour pouvoir mourir

Il a donc choisi de mourir en Belgique où il est suivi « depuis juillet ». Dans ce pays, l’euthanasie active est autorisée depuis 2002 pour les patients souffrant d’un mal incurable et qui ont formulé leur demande « de manière volontaire, réfléchie et répétée ». Il regrette toutefois cet exil, comme celui d’autres malades français, qui se rendent en Belgique ou en Suisse, forcés à « partir à un moment de notre vie où on est forcément vulnérable émotionnellement », expliquait-il début septembre sur la radio France Inter.


Un cheminement plus long pour les non-Belges

Jacqueline Flamand s est la présidente de l’association pour le droit de mourir avant l’heure. Elle explique pourquoi il peut être plus long pour un Français (ou étranger) d’obtenir l’autorisation d’être euthanasié en Belgique. « Ça prend nécessairement plus de temps que pour une personne qui réside en Belgique. Parce qu’il faudra déjà concevoir plusieurs allers-retours, il faudra se couler dans les conditions de la loi belge, avec le fait que le médecin qui accueillera la personne, dans un premier temps, voudra qu’il y ait une relation thérapeutique profonde qui lui permettra précisément d’examiner si la demande est bien réelle, volontaire, réfléchie, réitérée, ensuite se pencher sur l’affection médicale qui doit être grave et incurable, sur base d’un dossier médical, sur base d’examens et, enfin, s’attacher à la question des souffrances. Sont-elles, ces souffrances psychiques ou physiques, inapaisables. Donc cela prendra nécessairement du temps et le temps est quelque peu allonger par le fait qu’il s’agit d’un non-résident en Belgique », a-t-elle détaillé au micro de Constantin Vandendronk pour le SecretNews.



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