Un élu français passe en moyenne trois heures par jour sans Twitter

Beaucoup de politicien(nes) d’aujourd’hui ont grandi alors que smartphones et ordinateurs faisaient déjà partie intégrante de la vie quotidienne. Ils y sont habitués dès leur plus jeune âge et ont eu leur premier téléphone portable dès l’enfance ou l’adolescence.

Pendant le boulot, Twitter est roi

Conséquence directe de ce contact inné au numérique, 90 % des politiciens interrogés affirment fréquenter au moins occasionnellement les réseaux sociaux. Twitter a le plus de succès puisque 79 % des politicienss interrogés y ont créé un compte. François Lutziog (Sorbonne), sociologue et spécialiste des réseaux sociaux, nuance toutefois. « Il faut être attentif car ces élus ont été interrogés par email. Ce qui présuppose qu’ils ont un ordinateur avec un accès à Internet. Ils sont donc plus enclins à posséder un compte Facebook ou Twitter. »

Le réseau social Snapchat, qui permet l’envoi d’images et de courtes vidéos éphémères, arrive en deuxième position, loin derrière les géants Twitter et Facebook. Il est utilisé par 43 % des hommes et femmes politiques interrogés. « C’est un médium très ludique. L’avantage est que si l’on envoie des photos particulières, cela aura moins d’impact que sur Facebook ou Twitter, où cela laisse plus de traces néfastes« , commente le spécialiste.

Tous les jours pendant plus de trois heures

La fréquentation des réseaux sociaux est quotidienne pour plus de sept élus sur dix (71 %).

Et ils n’y restent pas seulement quelques minutes. En moyenne, ils y passent trois heure et quart. Pour 15 % d’entre-eux, on peut facilement parler d’addiction puisque ils y restent connecté 21 heures sur 24.

« Ces jeunes politiciens sont des ‘quasi digital natives’. Ils sont nés avec des écrans devant leurs yeux et sont habitués à communiquer par voie électronique. Il est vrai que trois heures, c’est exagéré mais une demi-heure à une heure sur Twitter me semble raisonnable.« , souligne François Lutzig.

Créer sa communauté virtuelle

Les motivations qui poussent les élus politiques à créer des comptes sur les réseaux sociaux sont diverses. La majorité affirme l’avoir fait afin de pouvoir rester en contact avec leurs bases militantes. Près de la moitié des politiques ont peur d’être largués et préfèrent être tenus au courant de la moindre information. D’autres veulent étendre leur réseau de connaissances et rencontrer de nouvelles personnes derrière leur ordinateur.

Pour François Lutzig, l’utilisation de Twitter et Facebook est entre autres une question de gestion de la réputation. « Sur son compte, on se présente de la meilleure façon, on veut plaire aux autres. Les politiques s’en servent principalement pour revoir leur popularité à la hausse. On se montre rarement lorsque cela va mal, lorsqu’on s’est trompé. »

Pour le spécialiste, le réseau social est plus apprécié car il permet aux politiciens de recréer les liens militants dans la sphère virtuelle cette fois. Le concept « d’amis » séduit les élus pour qui l’appartenance à une communauté et à une identité est très importante.

Des dérives peuvent toutefois apparaître. « Elles sont souvent narcissiques, pointe François Lutzig. Si l’homme ou la feme politique passe trop de temps sur le réseau social, c’est peut-être qu’il tente une fuite virtuelle, qu’il tente de s’éloigner de la réalité. » Près d’un politicien sur trois se rend compte que les contenus qui s’y retrouvent sont répétitifs (32 %), addictifs (19 %) ou les poussent à la sédentarité (28 %).

Les rares élus interrogés qui ne sont pas inscrits se justifient. Pour eux, on y trouverait trop de critiques négatives et d’insultes. Le manque de respect pour les autres les pousse à ne pas fréquenter ces sites. D’autres ont peur d’en révéler trop sur leur personnalité et d’être exposé au regard et au jugement des autres utilisateurs. Enfin, les images et vidéos humiliantes que l’on peut y trouver convainquent quelques enfants de ne pas s’y inscrire.



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